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  • Auteurs étudiés en ce moment : Frege, Ecrits logiques et philosophiques ; Husserl, Recherches logiques ; Wittgenstein, Remarques philosophiques ; Aristote, Métaphysique.

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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 18:28

Nous avons vu que pour Husserl, déjà dans les Prolégomènes, la forme signifie quelque chose de net comme le trait d’un dessin : une loi, une règle, déterminent les formes des ensembles. Le but de la science n’est pas d’étendre la connaissance mais d’acquérir « une mesure et une forme ». L’indépendance de la forme par rapport au domaine des connaissances c'est-à-dire l’indépendance du trait de la loi par rapport à un ensemble, « rend possible l’existence d’une épistémologie » (§ 8). Par exemple, la loi « allaiter » est l’argument, le facteur qui soutient la forme (logique) des mammifères.

Contraction du § 11. Le but d’une science est un argument normatif tandis qu’un caractère typique est un argument historique. Par exemple, « équation » est un caractère typique et historiquement daté d’une certaine science tandis que « allaiter » est (presque) anhistorique. L’épistémologie n’a pas à dire ce que doit être le critère, normatif ou typique, mais qu’il est en harmonie avec son but : avec la constitution de l’esprit humain. Par exemple, mettre en facteur, remplacer une expression par son identité remarquable, s’explicite sous la forme « respecter l’égalité » et sera réputée « fournir un cas de méthode juste », tandis que la norme « allaiter » n’a rien de typique (p.26). Cette norme est technologique ; or, « l’épistémologie s’impose la tâche supplémentaire de rechercher les conditions, servant de base à notre pouvoir, dont dépend la réalisation de méthodes valables […] » : de distinguer notamment entre norme et types. L’épistémologie devient la technologie de la technologie (toujours la puissance deux) (p.27).

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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 17:41

Une fois compris la mécanique des Recherches logiques, il reste l’ineffable plaisir de lire le style d’un merveilleux écrivain subtile et fin : voyez quel style, ce § 8… Car une contraction de texte défigure la beauté d’un absolu cerné par aucun trait en transfigurant l’ensemble, et estompe l’idéal de son mouvement en dissimulant ses nuances. Mais notre présupposé, compatible avec la pensée de Husserl, croyons-nous, est d’ouvrir le capot pour voir la mécanique des choses : voir l’objet logique qui soutient le phénomène.

Contraction du § 8. La caractéristique typique d’un « groupe de jugements, conçu comme système de prémisses » (p.19), c’est la loi c'est-à-dire l’argument, la raison pour laquelle les choses se font : « il ne suffit pas […] qu’il y ait des fondements », il faut encore qu’ils aient une forme de loi (p.18) c'est-à-dire que des arguments garantissent la légitimité, explicitent tout syllogisme (p.19). Chaque science a sa « norme de la forme » : la soumission « à une règle rend possible l’existence de sciences, d’un autre côté, l’indépendance de la forme par rapport au domaine des connaissances […] rend possible l’existence d’une épistémologie » (Husserl souligne). Nous interprétons ainsi : chaque science a son type d’argumentation la rendant possible, d’un autre côté, le fait qu’il y ait toujours argumentation rend possible l’épistémologie au sens de Husserl c'est-à-dire la découverte d’un objet logique, ici l’argument inhérent à la science.

Contraction du § 9. Sans vision des ensembles, on en reste à des éléments (1) ou l’on se prive de signification (transformations d’une source en image, cf. Frege) (p.22) : les signes demeurent univoques. « Dans la définition nominale, nous voyons donc un procédé méthodique auxiliaire pour consolider les fondements […] » : donner un nom à une chose, c’est associer un sens à une signification puis une méthode pour bâtir des ensembles. Le signifiant mis pour le signifié simplifie et rend exécutables « les opérations de fondement ». Sans le premier point (1) les éléments ne sont pas agencés « par un enchaînement de fondements » ; par exemple, la position d’une étoile implique l’ensemble « galaxie » (p 23). « Il est clair que tout progrès réel de la connaissance s’accomplit au moyen de fondements » (p.24).

Contraction du § 10. « La tâche de l’épistémologie sera donc ainsi de traiter des sciences en tant qu’unités systématiques de telle ou telle nature » quant à leur forme c'est-à-dire leur délimitation nette : les domaines et les procédés (p.25).

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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 17:41

Nous continuons notre lecture suivie des Recherches logiques de Husserl, qui requiert le suivi d’une interprétation (l’exercice d’une intentionnalité quelle qu’elle soit), ainsi qu’un résumé pour focaliser (sur l’essentiel)…

Contraction du § 7. 1) Un ensemble ne se construit pas si l’on choisit « tout à fait librement, parmi les connaissances […], celles que nous voulons comme point de départ » : il reflète une force des choses objective, il ne reflète pas « notre constitution mentale » (p.16). 2) Par exemple, le syllogisme est une suite d’inclusions successives non commutatives. Sa forme concerne « une infinité […] un nombre incalculable » de cas, garantie par une loi c'est-à-dire une raison ou facteur commun. « C’est un fait du plus haut intérêt qu’aucun fondement ne se trouve isolé » : l’objet logique des ensembles et des inclusions implique l’altérité et le lien entre altérités, lien du choix extrinsèque des inclusions successives et lien intrinsèque qui s’impose par la structure des éléments (p.17). 3) « Les formes de fondements » c'est-à-dire cette forme logique des inclusions successives, du syllogisme, s’applique quelle que soit la science concernée comme aussi quels que soient les éléments qui s’y rapportent. « Il n’y a pas de science où des lois ne seraient pas applicables à des cas particuliers […] » (p.18).

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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 16:59

Nous le disions à propos de la lettre volée de Poe mais aussi à propos de tout ce que Frege nous donne à voir, de la beauté, de la définition de la philosophie : l’évidence de la philosophie n’est pas l’évidence d’une première vue mais d’une seconde vue, évidence que cependant l’on recherche alors qu’elle n’est pas cachée. La première évidence est celle d’une perception : le Soleil qui tourne autour de la Terre ; la seconde est celle d’une thèse : la Terre tourne autour du Soleil. Après Platon, on ne met plus de lunettes de soleil pour se protéger des thèses mais pour découvrir le soutien des objets logiques…

La philosophie consiste d’abord à aller au-delà de l’évidence sensible vers cette évidence absolue qui est classiquement un premier critère pour Husserl.

Contraction du § 6 : « la science porte sur le savoir. Non pas comme si elle était elle-même une somme ou une contexture d’actes de connaissance. La science n’a d’existence d’objet que dans sa bibliographie », dans ses ouvrages écrits. La véritable science soumet le savoir, les sommes bibliographiques, à la connaissance comme un but au-delà : elle est la fonction qui passe le savoir vers la connaissance (p.10). « Or, c’est dans la connaissance que nous possédons la vérité. » (Ici, on retrouve une idée de Frege :) « Mais cela seul ne suffit pas », la pensée selon laquelle la chose existe ou non n’est pas encore le jugement vrai ou faux de cette pensée, le savoir n’est pas encore la connaissance. Bref, Husserl reprend l’idée de deuxième niveau qui donne sa définition à l’évidence – et que la science est une action. Comme pour Platon, ce deuxième niveau au-dessus de la caverne est « la certitude lumineuse » que l’on tient même si l’on ne réactive pas ou que l’on a oublié le savoir du premier niveau (p.11). Ainsi, la probabilité fonde l’évidence d’une estimation (p.12).

Or, pour Husserl, le niveau platonicien des idées ne suffit toujours pas car une multiplicité de connaissances, ce n’est pas encore la science : « Mais, dans le concept de la science et de son but, il y a plus qu’une simple connaissance. » Nous sommes encore loin de la science si l’on atteint « la multiplicité sans plus », les affinités, sans atteindre les relations. « Il faut manifestement quelque chose de plus, à savoir un enchaînement systématique », une liaison qui mette en ordre des fondements successifs.

Par « fondements successifs », j’interprète « inclusions successives » ; ainsi, la théorie est le niveau supérieur des inclusions successives, au-delà des connaissances singulières. L’unité d’enchainement confère l’unité aux inclusions et à la théorie. L’unité de la science comme but n’est pas d’étendre la connaissance mais d’acquérir « une mesure et une forme » de ce qu’est une science (p.13). La vérité est affaire d’ensembles et de lois (interprétation : par lois il faut entendre, notamment, « critère d’inclusion », « liens systématiques »).

« L’évidence, sur laquelle repose en dernière analyse toute connaissance […] » ce n’est pas la représentation, naturellement complémentaire aux « états de choses » (interprétation : non pas l’ensemble des ensembles mais l’univers référentiel ouvert) car la science requiert au moins la complication de la méthode. L’évidence est affaire d’intention plus que de méthode (interprétation : l’intentionnalité est la focalisation que l’esprit ajoute aux états de choses). Et contre Frege : les jugements s’appliquant aux pensées sont rares en pratique, et l’on ne trouve pas l’évidence dans les jugements.

Normalement (p.14), « [l’évidence et l’intention] apparaissent en même temps, dès que nous partons de certaines connaissances et qu’ensuite nous suivons une certaine méthode pour aboutir à la proposition visée » : l’évidence vient dans la focalisation ajoutée à la vérité puis suit une action de seconde étape : la méthode qui consiste à viser. La science est affaire d’évidence et d’intention immédiate puis affaire de visée ajoutée. Viser est la méthode justifiée a postériori ; l’intention est l’outil de la science a priori : la focalisation naturelle qui permet ensuite de viser. L’évidence vient d’abord, la visée vient ensuite.

 « Et c’est le fait qu’il en est ainsi, que nous avons besoin de fondements pour dépasser, dans la connaissance, dans le savoir, ce qui est immédiatement évident et, par suite, un truisme, c’est ce fait-là qui ne rend pas seulement les sciences possibles et nécessaires, mais aussi, avec elles, une épistémologie, une logique ». Car pour dépasser l’intention il convient de viser : de chercher quelque chose derrière ce que l’on voit avec une première évidence. Je vois puis je vise.

L’épistémologie est moins affaire d’histoire des sciences que de recherche d’objets logiques ; par exemple, derrière l’inclusion, trouver l’argument. Quelques soient les « multiples méthodes de fondements » (interprétation : d’inclusions), « c’est un fait caractéristique et essentiel qu’il y a des multiplicités infinies de vérités qui ne pourraient jamais être transformées en une connaissance sans des procédés méthodiques de ce genre » : sans la deuxième étape de viser après avoir vu : la méthode nous presse. Nous avons besoin de voir les inclusions pour justifier les évidences logiques et, truisme, pour voir l’inhérence au-delà du possible et du nécessaire. Car l’objet logique, c’est par exemple, entre autre, voir l’inhérence, l’indissociabilité de la couleur et de la surface ou de la note de musique avec son timbre et sa force.

L’enjeu des Recherches logiques est donc « d’établir des normes générales pour de semblables méthodes, et également des règles pour trouver comment construire ces méthodes selon les différentes classes de cas » (p.15).

Définition

Chez Husserl, l’évidence est la vision des essences c'est-à-dire la vision puissance deux des objets logiques : ainsi, en particulier, l’évidence est la vision des ensembles logiques, puis l’inhérence de l’argument au-delà.

Argument

Les objets logiques sont vus en puissance deux, au-dessus du jugement qui compose les pensées, au-dessus de la connaissance du vrai et du faux qui est au-dessus du savoir accumulé, l’intentionnalité au-dessus des choses, les états de chose au-dessus des choses.

Distinction

Chez Platon, l’évidence est le contenu qui aveugle, et que la philosophie doit justifier et expliquer ; chez Husserl, il convient de pénétrer l’évidence platonicienne, la méthode étant de la viser méthodiquement.

Argument

Les Recherches correspondent à la constante historique d’un cheminement platonicien mais (p.14) « [l’évidence et l’intention] apparaissent en même temps […] ». Chez Platon, l’évidence vient après le mouvement de sortie, la connaissance étant un aller-retour ; chez Husserl, l’évidence vient dès le regard mais il reste à viser pour trouver encore autre chose. Husserl découvre l’inhérence immédiate et éternelle à un contenu dans les contenus eux-mêmes, peut-être contingents.

Problème

L’épistémologie comme affaire de recherches en histoire des sciences, d’opinions argumentées, s’oppose à l’épistémologie comme affaire de découverte d’objets logiques. Seuls ces résultats comptent : « les choses intuitionnées et saisies immédiatement » à l’un ou l’autre des niveaux (Prolégomènes aux Recherches logiques, [Préface de la seconde édition], Tome premier, Traduction d'H. Elie, PUF page XII en bas).

Enjeu

Sans objets logiques on n’a jamais que du processus certain : la philosophie de Platon est celle de l’action de l’esprit, il affirme qu’il ne sait rien car cette action prévaut sur les résultats terminaux aporétiques sinon sur ceux intermédiaires (au milieu de ses livres). Or la philosophie de Husserl tient à des objets certains.

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Publié par DéfiTexte - dans Husserl
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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 18:44

Les Recherches logiques tracent une progression de la pensée de Husserl. Nous lisons, Recherches logiques, [Préface de la seconde édition], Tome premier, Traduction d'H. Elie, PUF page XI : « Dès [l’impression des Recherches logiques] terminée, je poursuivis mes travaux. J’essayais de me rendre plus parfaitement compte du sens, de la méthode, de la portée philosophique de la phénoménologie […] ». Voilà que Husserl inaugure une tendance depuis la mécanisation et la production de masse de la plupart des objets : imprimer vite un livre au fur et à mesure des recherches avant de savoir in fine ce que l’on voulait dire dans son ensemble. C’est ainsi qu’il y a trop de livres et du délayage en attendant « les dernières sources » (page XIII).

Or, proposer au lecteur un processus vient logiquement immédiatement en contradiction avec la critique de Husserl du processus. Et proposer un processus rend l’auteur incapable de proposer une synthèse avant son œuvre suivante, ne connaissant pas lui-même davantage que son lecteur, à l’instant, la fin de son histoire, ni son plan d’ensemble, ni ses définitions abouties, ni toutes les conséquences de ses distinctions !

Husserl propose une suite numérotée de recherches (1). Ainsi, (sans dire que Frege l’a converti), 1) Husserl critique la psychologie, 2) il entend « processus » ou « mécanisme de pensée » lorsqu’il écrit « psychologie », 3) donc, il faut lire la phrase (1) ci-dessus ainsi : Husserl propose une psychologie, au moment même où il critique la psychologie : « [que l’immédiat] ne se perde pas dans des explications […] » (page XII - XIII). La forme d’une recherche par étape ne peut qu’être partielle : pour Husserl depuis Frege, seuls les résultats comptent, mais « les choses intuitionnées et saisies immédiatement » (page XII en bas), compte tenu de la possibilité de « réimprimer mécaniquement » (page XIII)… L’étape serait l’objet logique du mouvement, du temps, du processus, de son travail même.

Donc, critique à l’encontre de Husserl : il emploie un mot pour un autre au moment du concept ; ainsi, le lecteur emploie son effort à traduire et interpréter le mot proposé avant de pouvoir voir les significations et leurs exemples concrets. Comme si un effort de traduction du sens d’un mot donnait à voir du même coup sa signification ! Comme si l’importance du travail de reconstitution du sens reflétait l’importance de la signification donnée.

Comme premier indice de la nécessité de traduire « psychologie » par « processus », voici la contraction d’une citation de la Préface de la première édition des Recherches logiques, page VIII : « J’étais parti de la conviction dominante que c’est de la psychologie que la logique de la science déductive, comme la logique générale, doit attendre son élucidation philosophique. Là où il s’agissait de la question de l’origine des représentations ou du façonnement des méthodes pratiques, les résultats de l’analyse psychologique me paraissaient clairs et riches en enseignements. Mais dès qu’on passait des enchaînements à l’unité logique du contenu de la pensée, aucune continuité ni clarté véritable n’apparaissaient. »

Ainsi, la psychologie traite de l’origine, du façonnement, des enchainements, des capacités, mais pas de la clarté véritable d’un contenu de pensée achevée. En effet, la vérité mathématique ou logique ne peut pas dépendre d’un processus heuristique ou empirique ou des « activités et états psychiques » (p.XVI).

La psychologie au sens de mécanique et de processus, c’est aussi bien Kant ou Hegel…

**

Résumé de l’introduction aux Prolégomènes à la logique pure : en son état, notre science ne permet pas de faire le départ entre une conviction individuelle et une vérité valable pour tous (p.2) : car l’intention est individuelle tandis que la méthode de la visée est universelle. Ce départ dépend de l’ensemble objectivement fermé de son domaine, comme par exemple la science du domaine animal ou du lion (p.3) et dépend du mélange des genres entre éléments. Sinon, si les « niveaux logiques différents » ne sont pas adéquats, une théorie aura « les plus étranges déguisements » et des arguments principaux peuvent sembler secondaires à tort (p.4). L’enjeu de la question de la limite des sphères est plus important en logique que pour la science expérimentale de la nature extérieure où les compartiments nous sont imposés. Husserl cite Kant : « il n’y a pas augmentation mais déformation des sciences quand on fait chevaucher leurs frontières » (p.5). Ce résumé nous donne un indice qui alerte notre attention : la logique de Husserl pense les ensembles (alors qu’il procède par parties). Le prochain post sur la définition de la science précise cela.

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