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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 16:49

Aristote, Métaphysique, Livre V, Chapitre VI, 1015b, 1016a, 1016b, traduction Saint-Hilaire prise chez M. Remacle.

§1 « Un se dit d’abord dans un sens accidentel, puis dans un sens essentiel et en soi » : d’abord par l’ensemble, puis par la partie essentielle. Et c’est le langage qui donne la vision des touts. D’abord, [20] « dire Coriscus instruit et juste » constitue une personnalité d’une unité accidentelle de trois éléments. « Car c’est une seule et même chose de dire Coriscus et Instruction, et de dire Coriscus instruit » : de dire l’union {Coriscus, Instruction} s’il y a inclusion de {Coriscus} dans {instruit}. Car les éléments constituent une unité lorsqu’ils forment un ensemble, lorsque les éléments instruction et Coriscus « sont accidentellement les attributs l’un de l’autre » : s’ils forment un ensemble.

Ensuite, il y a unité quand il y a essentiellement union (« attributs l’un de l’autre »). En union, ce que l’un a l’autre l’a, l’union donnant la réalité à chacun ; §2 « l’une des deux parties [25] de l’expression se rapporte à l’autre » donc §3 « l’homme est la même chose et le même être que l’homme instruit » ; il reste homme mais sa tonalité, sa couleur d’homme instruit n’est pas la même que celle d’un homme ignorant. Un homme n’est pas forcément instruit mais le devient en cas d’union. En termes de représentation, les points communs (l’intersection des ensembles) tendent à se teinter avec l’union ; en termes de langage, « on peut aller jusqu’à dire que Coriscus instruit ne fait qu’un avec Coriscus ».

Le raisonnement est le même pour l’élément sous-ensemble (chez Aristote l’élément peut être en intersection) et pour l’ensemble genre. Il y a union « soit parce que l’homme qui est une substance Une, a pour attribut l’instruction, soit parce que ces deux termes, homme et [30] instruction, sont attribués à un seul individu, qui est, si l’on veut, Coriscus. » Soit parce qu’un ensemble est inclus dans l’autre, cas de la substance, soit parce que les deux sont unis chez Coriscus. Car si l’homme Coriscus est instruit, soit il coïncide avec l’attribut « instruit » ou bien est inclus dans l’unité du prédicat général « instruction », soit le point commun entre homme et instruction, l’intersection entre instruits et Coriscus, garantit et teinte l’unité. Un terme est attribué en tant qu’espèce de substance globale « tandis que l’autre n’est qu’un état, ou une simple qualité, de la substance individuelle » : une intersection non vide garantissant l’union.

§ 4 Ensuite une chose est une par « continuité matérielle » garantissant l’union. La logique (la nature) est plus forte que l’art, le lien matériel, la colle, la jointure : 1016a « sous ce rapport, il y a plus d’unité dans les objets continus de la nature que dans les objets qui sont le produit de l’art. » Car §5 « Les choses qui sont essentiellement continues sont celles dont l’unité ne tient pas simplement au contact » des divisibles dans le mouvement, des éléments dans le temps, mais par l’inhérence logique. Où l’on voit encore ici la logique incarnée par la nature chez Aristote.

§ 6 [10] La courbe est une union, et l’unité est plus une que l’union. « Une ligne droite est plus Une que ne l’est une ligne courbe » car d’une courbe l’on peut accommoder et voir soit la courbe soit l’angle accompli (quadrature) c’est-à-dire la continuité ou le changement en disjonction. « Une ligne qui est courbe, et qui a des angles, peut être considérée tout à la fois comme étant Une, ou n’étant pas Une, parce que le mouvement peut tout aussi bien, [15] ou en être simultané, ou ne pas l’être. » Dans une courbe, chaque point ultérieur accomplit un angle dans le mouvement : la courbe est une en tant que courbe et duelle mais simultanée en tant qu’angle. Simultané : où l’on voit l’unité de temps définie par la courbe elle-même, par la chose, par l’accomplissement (en puissance unitaire et en acte uni), et non pas définie par une catégorie fonctionnelle a priori dont il n’est pas question ici.

Phénoménologie d’une jambe. De plus, « le mouvement de la jambe entière, cuisse et jambe, peut n’être pas Un » : jambe et cuisse forment à la fois moteur et machine : tout à la fois 1.1 couple dynamique dans une direction motrice et 1.2 direction mécanique contraire (le levier autant au repos en son point d’appui qu’en mouvement en ses autres points) ou 2.1 mouvement et 2.2 changement d’orientation du mouvement (lever et translation, cas général de l’engrenage).

Donc, il y a union lorsque la disjonction tient la différence spécifique, et unité lorsqu’il n’y a pas disjonction entre les parties, cas « sans différence spécifique » comme dans les liquides, [20] « quand l’observation sensible n’y découvre pas de division d’espèce » entre « le terme primitif, [et] le terme dernier, le plus rapproché de la fin de l’espèce même ». Par exemple, en termes d’arrêt et de continuité, entre l’aller et le retour ; ou entre le fagot et la corde qui le lie : entre la loi comme lien logique de l’ensemble et les éléments. Car le point de retour est le plus rapproché du point d’aller, le lien (social aussi) est la chose la plus rapprochée de la chose liée.

§8 « Alors, tous les objets que le genre renferme forment une unité » ; le genre : le couple logique aux éléments inhérents (indissociables de manière absolue), parfois formant point d’inflexion (premier moteur). Car [25] le genre tient l’unité des différences : « parce que le genre soumis à ces différences est Un et le même » (facteur d’union). Sous cette condition les différences opposées restent unes, « Par exemple, le cheval, l’homme, le chien » en tant qu’ils sont tous des animaux soumis au genre.

§9 [30] Ou encore, les triangles isocèles et équilatéraux sont des triangles. Car ils sont alors à la fois différents, et les mêmes sous le genre deux côtés/trois côtés égaux (pas d’autres possibilités d’égalité), « le genre de ces choses restant Un », le genre « égalité des côtés » n’offrant « que des différences opposées » inhérentes donc d’une unité indissoluble. Et en termes d’incarnation « leur matière est Une ». Contrairement au cas cheval, homme, chien, chaque cas de triangle est déjà une espèce, le genre étant dans ce cas « le genre supérieur » à l’espèce ; ce n’est plus l’espèce mais le genre qui forme l’unité ; mais dans ce cas.

§ 12 [1016b] « En général, on appelle éminemment Unes toutes les choses dont la pensée, s’appliquant à leur essence, est indivisible, et ne peut jamais en séparer quoi que ce soit, ni dans le temps, ni dans l’espace, ni en notion. Cette idée d’unité ainsi comprise s’adresse surtout aux substances » : aux ensembles les plus généraux englobant les matières ; par exemple le ligneux formant le bois ou la culture formant l’humain. S’appliquant à leur essence : au couple inhérent du genre dont la pensée est indivisible. Surtout : mais aussi à l’en tant qu’être, médecine, économie, s’occupant de ou prenant soin de tout (de soi et des autres) – donc surtout aux inclusions en général. Car l’en tant qu’être est indivisible : « l’homme est Un, parce qu’il est indivisible en tant qu’homme ».

§10 « La définition expliquant que la chose est ce qu’elle est, ne peut être séparée d’une autre définition, qui exprime aussi la véritable essence de la chose et la fait ce qu’elle est ; car toute définition [35] prise en elle-même est divisible et séparable. » L’être de ce que la chose est, en bois, grande, solide, et l’être essentiel, le point commun aux prédicats, sont distingués et inséparables (en couple logique). Mais à la fois sont séparables les items des catégories, ou le point commun « côté » pris en lui-même d’un triangle ou d’un rectangle. Ce point commun fait de la chose ce qu’elle est ; par exemple, trois côtés font ce que le triangle est dans sa diversité ou l’animalité qui constitue pour partie homme et cheval.

§11 C’est ainsi que métabolisme unifie « l’être qui se développe et l’être qui dépérit », que longueur par largeur est la même loi de surface qui unifie des figures très différentes. [5] « Par exemple, l’homme est Un, parce qu’il est indivisible en tant qu’homme », en tant qu’être, et §13 en tant que substance. « Or, la substance est Une, soit par la continuité, soit par la forme, soit par la définition », par exemple ligneux, triangle, équilatéral. §14 L’unité est davantage la forme « à nos yeux » que l’ordre des parties ; par exemple chaussure plutôt que bout, claque, tige. La figure la plus une est le cercle car non-brisée (d’inflexion minimum) et ne disparaissant pas dans l’au-delà comme la droite.

§15 Sous le rapport de la quantité, « c’est la notion de l’unité qui est le principe du nombre », par exemple le kilomètre ou le mètre, sinon l’on confondrait un et mille, §16 « indivisible soit en espèce, soit en quantité », [25] « sans avoir de position » ainsi une monade, tandis que « qui a une position, c’est le point ». §17 Donc, l’unité tient au nombre, à l’ensemble espèce, à la dichotomie d’un genre, ou à un facteur de proportion. L’unité numérique tient à l’unité de la matière, l’unité d’espèce à l’essence (le point commun permettant l’union), l’unité de genre à une catégorie, l’unité de proportion [35] à une même relation. Car si la génération est hors de proportion (une petite graine génère un arbre), il y a relation quand il y a proportion, collègue facteur un, hiérarchie facteur plus grand que un.

§18 « D’ailleurs, les termes postérieurs sont toujours contenus dans les termes précédents et à leur suite » : la progéniture générée incluse dans les géniteurs qui précèdent (épigénétisme) ; par exemple, la graine dans l’arbre. « Bien que réciproquement tout ce qui est Un en espèce ne le soit pas toujours numériquement » : réciproquement, le « un » généré en espèce « progéniture » par un couple sont parfois des jumeaux… Et, [1017a] « tout ce qui est Un en genre n’est pas Un en espèce, si ce n’est proportionnellement et par analogie » : le genre essentiellement un couple, ainsi ce qui s’emboite, n’est pas Un en espèce ; par exemple, l’espèce clou dans l’espèce planche est couple générateur d’une construction. Mais le clou et la planche sont en un rapport de proportion bien choisi, ou forment une attache.

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Publié par DéfiTexte - dans Aristote
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