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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 18:14

Ainsi l’être-fondement du percipere et du percipi doit échapper lui-même au percipi : il doit être transphénoménal.

Sartre, L’être et le néant, [III le cogito « préréflexif » et l’être du « percipere »], Tel Gallimard, 1943, page 17.

La transcendance tient à la fonction qui transcende et aux résultats de la fonction, infinis dans leurs détails et dans les points de vus pour chaque détail et pour chaque fonction. Seul l’être, le sens des significations, n’échappe pas à la phénoménologie : la philosophie l’atteint par la description des schémas inhérents aux choses et vérifie expérimentalement ses analyses en constatant les phénomènes d’être. L’être au fondement de la fonction et du résultat est révélé indirectement par le résultat, par le phénomène ; ainsi la tension de néantiser par la nausée. L’être dont la connaissance est générée par les phénomènes est accessible par les inférences qui rebroussent les implications. L’être-fondement des résultats passe au travers et engage et teinte les phénomènes ou l’infini : telle est l’origine de l’engagement. Wittgenstein nous dit que ce transcendant indicible doit être tu : il est montré comme la pellicule d’un film dont on voit la projection à l’écran. La transcendance tient à la tension Á qui fait, comme chez Kant, que rien n’est accessible sans l’activité de la conscience. La conscience « est positionnelle en ce qu’elle se transcende pour atteindre un objet » (page 19), et elle n’est que cela : « elle s’épuise dans cette position même ». La conscience accomplit un pas au-dessus de la source pour atteindre un objet : pour le positionner tel en image. « La transcendance de l’objet se fonde sur la nécessité pour l’apparition de se faire toujours transcender » (page 13) : l’objet est transcendant en tant qu’image. La transcendance tient à la transformation de la source en une parution au travers d’une mécanique fonctionnelle. L’existence et le sujet lui-même se transcendent c'est-à-dire se dépassent vers la série des manifestations, vers une puissance réelle ou possible « qui ne dépend pas de mon bon plaisir ». La source et la fonction se transcendent vers une liste de manifestations en développement infini. « Si le phénomène doit se révéler transcendant, il faut que le sujet lui-même transcende l’apparition vers la série totale dont elle est un membre » (page 13). La transcendance prend source du côté de l’existence pour passer de l’autre côté à droite par rapport à la fonction conscience, du côté des manifestations infinies.

Ainsi, l’image exacte du rouge, le rouge, est inaccessible sinon au travers des impressions personnelles de rouge. « Il faut [que le sujet] saisisse le rouge à travers son impression de rouge » : qu’il saisisse son phénomène rouge – ou bien l’idéal rouge – au travers de l’existence (du rouge) dont la source contient des impressions. Par exemple, Munch nous fournit le rouge par la représentation d’un cri dramatique. Si Dieu est un être, ce sont ses œuvres qui échappent. Le problème est que « l’être de l’apparition » ne parait pas (le drame interne de l’être ne parait pas) en même temps que son phénomène est transcendant. L’enjeu est que tout échapperait sans le renvoi réciproque entre x et Á(x). Les sensations intimes sont atteintes par les manifestations picturales ou scientifiques et réciproquement la transcendance du phénomène au travers de quelques impressions.

« Ainsi, le dehors s’oppose de nouveau au dedans et l’être-qui-ne-parait-pas à l’apparition » (page 14). « Pareillement une certaine "puissance" revient habiter le phénomène et lui confère sa transcendance même : la puissance d’être développé en une série d’apparitions ». À rebours, l’être-tel est l’image référentielle simple qui borne l’application de la source ; par exemple le nuancier indique où les impressions sources sont rouges avant de passer au violet. Mais l’image telle est acquise par convention ou mesure technique.

« Toutes mes activités judicatives ou pratiques, toute mon affectivité du moment se transcendent » (page 18) : toutes mes activités, intellectuelles ou physiques, et ma conscience affective, contribuent à transformer ce qui donc m’échappe, comme mon enfant s’émancipe et mon produit fini est livré. Et nous verrons que la conscience affective se transcende en une conscience de connaissance. La transcendance : la traversée de la source vers le résultat transcendant, la transformation par la conscience, par une fonction de production. Les produits finis à droite sont en nombre infini. Ces contenus sont infinis en manifestation pour « un sujet en perpétuel changement », aux multiples points de vue, pouvant se croiser. Les causes n’échappent pas aux sciences et l’être n’échappe pas à la phénoménologie. « La première conséquence de la "théorie du phénomène", c’est que l’apparition ne renvoie pas à l’être » : la parution est surdéterminée par rapport à la simplicité de l’être ; autrement dit : si l’être est nécessaire, il est insuffisant.

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Il semblerait que parfois il pourrait y avoir confusion des présences au départ dans le percipiens et maladie de la transformation fonctionnelle. De même parfois une surexposition photographique fait apparaitre deux sources sur une seule image. Au départ de ce que l’on voit, il y a un substrat physique et logique, par exemple un mur et sa surface ou qu’il n’est pas autre chose qu’un mur – et l’état des conventions. Mais pour Heidegger et Sartre, il y a aussi ma tension d’existence à cet endroit du départ. Alors une apparition miraculeuse, phénomène anormal, consisterait à voir à la fois le support de la vue et la tension de conscience par elle-même c’est-à-dire nos obsessions ou tout au moins nos illusions. Une apparition miraculeuse serait l’accession au percipiens complexe en dehors du cours naturel des choses, du mécanisme normal spontané par conséquent difficile à discerner de l’action transformatrice de la conscience. Si je vois un fantôme ou si je place par l’imagination (une tension imaginative) l’image d’un absent, je perçois miraculeusement mon propre être en même temps que ce mur qui est le résultat d’une perception normale (normalisée par l’adaptation naturelle). Mon activité contributive disjoncte avec ce que l’impersonnel impose : théorie de la perception disjonctive. L’imagination alors déborde une perception verticale surplombant le monde – tandis que pour les illusions, la sensation déborde. Le fantôme traverse ce mur dans une confusion des sens (des principes à l’origine), dans une communion des choses et de mon esprit – alors que dans le rêve, point de chose. Sens signifie à la fois tension directionnelle, consistance significative, et sensation fonctionnelle car tous les trois sont au départ d’une perception. Sans la transcendance c’est-à-dire sans ce passage productif de la conscience, l’être s’observerait comme toutes nos obsessions en tant que telles ! La transcendance est donc la disposition naturelle d’un esprit en bonne santé qui voit un mur – et non pas le fantôme de ses obsessions – lorsqu’il regarde un mur. Où l’on considère la croyance comme une maladie des yeux de l’esprit. De même faut-il en philosophie réduire les synonymes à un vocabulaire parcimonieux exact – et appeler un chat un chat – sous peine d’une confusion des sens institutionnels. L’apparition est ce mécanisme de transcendance, de passage du départ parcimonieux plutôt que bigle vers la signification dont les contenus sont infinis.

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Mais qu’est-ce qu’il y a en source lorsque l’on ne voit pas encore les choses telles ? En source, il y a le donné impersonnel : les sensations du corps sans encore d’intuition de l’esprit, le vrac des éléments sans encore organisation d’ensemble, et les conventions, nonobstant les coûts ajoutés attachés aux fonctions. Ce que dit Sartre : toute accumulation en image traduit les impressions qu’il y a en source.

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Un rappel chez Husserl, pris page 18 de l’édition Vrin, 1969, des Méditations cartésiennes : « A vrai dire, le monde n’est pas pour moi autre chose que ce qui existe et vaut pour ma conscience ». « Si je […] vise exclusivement cette vie elle-même, dans la mesure où elle est conscience de "ce" monde, alors je me trouve en tant qu’ego pur avec le courant pur de mes cogitationes » : je me réduis à une pure fonction de conscience. Le domaine naturel n’a « qu’une autorité de second ordre » par rapport à la fonction « ego pur ». « Le domaine d’existence naturelle […] présuppose toujours le domaine transcendantal ». Je vois là la différence entre Sartre et Husserl : le transcendantal est la fonction pour Husserl, la propriété de présence d’une tension chez Sartre, car il a choisi Heidegger. La différence tient à la propriété qui est fonction par simple présence : il suffit qu’il y ait tension pour qu’il y ait fonction. « En [de telles cogitationes] s’écoule toute ma vie intramondaine, [dans un monde] qui trouve en moi et qui tire de moi-même sons sens et sa validité » : tout tient à la fonction « ego » plutôt qu’à l’être. Il n’y aurait pas d’influence d’une source chez Husserl mais boîte fonctionnelle.

Remarque sur une distinction husserlienne entre transcendance intérieure et extérieure : la fonction cogito reste compatible avec la transcendance intérieure c’est-à-dire avec l’intersubjectivité qui se distingue du moi, l’ego qui se distingue du je, la fonction culture qui se distingue de mes initiatives.

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Publié par DéfiTexte - dans Sartre
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