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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 19:14

§74. Chaque sentiment intime est un centre, une singularité indicible, une « position exceptionnelle de mon corps dans l’espace visuel » physique et subjectif qui se rattache « à d’autres sentiments et non à quelque chose de purement visuel » qui serait un objet logique. Et lorsque mon corps se déplace d’Autriche en Angleterre ou vers une cabane en bois c'est-à-dire d’une influence à l’autre ou vers une ressource, lorsque sont différents les espaces visuels, maisons, rues, et les conventions, d’autres sentiments sont produits. Un point physique est centré ou coordonné, un élément logique ne l’est pas.

75. Le temps des phénomènes « visuels » isolés est-il le temps de notre forme d’expression physique habituelle ? […]

Wittgenstein, Remarques philosophiques, [Recension des matières VII], Tel Gallimard, 1975, page 21.

Les objets logiques « visuels » c'est-à-dire vus par l’esprit, sont en source ceux qui peuvent être isolés radicalement, distingués, comme des mots pas reliés par un tiret fonctionnel, par un processus, mais séparés par un (autre) espace, par rien comme tel et cependant en rapport. Ensuite, un processus purement au présent est saturé c'est-à-dire attaché à et par ce qu’il produit : mais sa durée et sa temporalité ne sont pas les mêmes que celles de l’objet produit qui s’exprime, se développe, mots, artefacts, liés aux sources passées, au processus présent, au devenir futur. Les objets logiques sont « isolés en tant que tels » dit la proposition 70 en source : ils supportent le sujet mais en sont isolés en n’étant pas en fonction d’eux et en étant origine ; ils n’y sont pas liés par le temps.

Une temporalité est associée à chaque point de vue en source, par exemple un sentiment du temps en ville, un autre en forêt.

75. […] Je m’imagine que les modifications dans mon espace visuel se font par secousses […]

Les visions logiques distinguées viennent comme les images d’un film en sources ou « vont de pair dans le temps avec les battements d’un métronome » : par secousses discontinues (c’est la projection qui se voit liée). A chaque déménagement, une secousse. Et à chaque âge, à chaque battement du métronome, un sentiment nouveau. Les secousses, « je puis les décrire et comparer la description avec ce qui se passe en réalité » : je décris les sources et je compare les images. Je puis décrire les conventions marines, montagnardes, citadines, c'est-à-dire les réalités objectives, les sources x de nos Á(x) subjectifs ; les résultats sont trop nombreux pour être dits.

75. […] Une erreur de ma mémoire ? Non ; une erreur qui par principe ne peut pas être découverte n’est pas une erreur. […]

Ma mémoire est fidèle : une erreur signifierait un écart à l’intérieur de la source car la mémoire est en source ; or, ma source est donnée fidèle autant qu’elle le peut : si je me trompe en me souvenant que je portais un habit bleu plutôt que gris, je ne le vois pas car je vois le gris ou le bleu, jamais l’erreur. On n’appelle pas erreur ce qui est en cause à l’origine : données, écarts, mélanges, époques, on livre tout ce qu’on a. « Et le temps de ma mémoire dans ce cas est justement le temps que je décris. »

En source, il ne peut y avoir erreur, il y a du donné. L’écart entre attendu (idéal de l’être-tel ou du budget) et réalisé, entre source et image, n’est pas une erreur mais la découverte d’une erreur. Il n’y a pas d’erreur en soi.

Où l’on voit encore Wittgenstein considérer les conventions, autant techniques que sociales, comme des objets logiques et considérer nos mécanismes psychologiques de manière technique comme encore des conventions – et des objets logiques.

Nous aborderons le chapitre VIII : après le mélange et la liberté, l’inclusion et la vérité.

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Publié par DéfiTexte - dans Wittgenstein
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