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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 14:14

Je lisais avec plaisir un excellent cours sur la technè ici : philo.alcimia.com. Je voulais juste contribuer à un complément schématique de la question traitée.

L’auteur cite Aristote : ce qui est par nature « possède en soi-même un principe de mouvement et de repos » (Physique, 192b) (voir aussi Ethique à Nicomaque, 1140a, « la technè ne concerne ni les choses qui existent ou deviennent nécessairement, ni non plus les êtres naturels, qui ont en eux-mêmes leur principe ». Ainsi, la technè n’est pas une application de soi sur soi-même comme dans la nature, par exemple d’un animal sur lui-même, mais d’un ensemble sur un autre différent, par exemple de l’ensemble {eau, argile} sur {vase}. Le point que je souhaite souligner est celui-ci : la technè ne concerne pas les choses qui existent ou deviennent nécessairement. Selon le schéma de la fonctionnalité, adéquat à la question, la technè est un ensemble en destination d’une transformation dont la source est un ensemble des objets naturels. Et précisément, cette fonction n’est pas nécessaire, c'est-à-dire qu’il existe des éléments de destination qui sont naturels et d’autre pas. Ainsi, lorsque je fais une tarte aux pommes, je retrouve en destination des pommes naturelles, mais aussi une pâte qui n’a rien de naturelle : levée, croustillante, etc. Remarquons que la fonction technique elle-même peut être ou ne pas être naturelle, par exemple la chaleur et la façon : la nécessité ne concerne ni la chose produite, ni le processus.

Alors l’auteur a raison de dire que la problématique concerne 1) ce qui possède ou ne possède pas d’automouvement, la juxtaposition ou la coordination, par exemple {eau, argile} vers le {vase}, 2) et que les domaines de définition du naturel et de l’artificiel sont radicalement différents, extérieurs l’un à l’autre. En mathématique, on dirait E sur F, certainement Heidegger dirait E vers F. Reconnaissons aussi que l’ensemble technique est bien synonyme de « corpus organisé » ou « espace anthropocentré ». L’auteur a raison de dire que l’objet artificiel reçoit « du dehors » à la fois les choses et le mouvement de transformation. Le vivant et la technique correspondent donc à l’extériorité logique de deux domaines de définition en source et en destination dont l’enjeu est la fonction et dont le problème est la répartition des causes formelles et finales entre ces domaines.

Cependant, un point technique : je crois que la cause finale n’est pas le but individuel, surtout pour Kant car sinon elle ne serait pas autorégulatrice, mais le manque (la pudeur et la justice en société, dans le Protagoras de Platon), et que le but est le motif explicite du mobile, du besoin psychologique et/ou social. Et qu’à la finalité correspond le travail marketing…

Et une remarque : lorsque l’on juxtapose les objets techniques, sans les organiser, il se produit bien par soi quelque chose, par automouvement : des crises, des effets pervers. Qu’est-ce donc qui n’a aucun automouvement ? Sans doute les objets mécaniques ; mais les objets mécaniques n’obéissent-ils pas dans leur nombre aussi à une mécanique des fluides, des clinamens, des effets pervers ? Voyez les glouglous des voitures dans l’encombrement des routes, leurs tourbillons vus du ciel, les flux des échanges économiques ! Finalement, dans l’aspiration des choses, dans le vent, la technè, dans son application de soi sur soi-même concerne aussi les choses qui existent ou deviennent nécessairement. Dans une vision très large, écologique, de même que la technique et la culture sont des autoproductions de la nature, la technique autoproduit quelque chose, par exemple l’allongement de la durée de la vie et la pollution. Globalement, les domaines de définition du naturel et de l’artificiel ne sont pas radicalement différents ni extérieurs l’un à l’autre. A moins qu’un G20 réussisse à repositionner l’homme et l’idée : mais vers quel autre effet pervers !?

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Publié par DéfiTexte - dans Rencontres
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