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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 19:09

Chez Wittgenstein, la vérité concerne les tables de vérité, mais celles-ci présentent le cas particulier d’un tableau cartésien à double entrée.

82. Il y a des règles concernant les fonctions de vérité qui ont aussi pour objet la partie élémentaire de la proposition. Dans ce cas les propositions deviennent encore plus semblables à des étalons de mesure. […]

Wittgenstein, Remarques philosophiques, [Recension des matières VIII], Tel Gallimard, 1975, page 22.

La partie élémentaire est en coordonnée. Wittgenstein voit la disposition des tables de vérité non pas en base de donnée mais en tableau cartésien. Elles sont ainsi présentées en tableaux où V et F sont en abscisse et en ordonnée et se croisent en tant que strictes contradictions. Dans ce cas, les lignes et les colonnes sont non plus des nuances quantitatives infinitésimales mais des qualités entières sur une échelle de mesure : de strictes distinctions.

L’objet logique de la partie élémentaire est l’intersection en fonction des règles examinées : négation, implication c'est-à-dire inclusion, coordination « et », disjonction « ou ».

La présentation est la suivante : où l’on voit que la logique est affaire de présentation, de conception picturale. Par exemple, l’opération binaire « et » :

Règle
« et »

V

F

V

V

F

F

F

F

Ce n’est pas la pensée « je mange » mais une composition « je mange et je bois » que je pose contre c'est-à-dire dont j’examine les possibilités, que j’applique. Toute mesure intermédiaire est exclue.

82. […] Le fait qu’une mesure "colle" exclut automatiquement toutes les autres. […]

Si les mesures étaient quantitatives, leur séparations seraient infinitésimales et ne colleraient jamais dans la réalité c'est-à-dire dans le domaine de définition des réels. La mesure ne serait jamais précise, il n’y aurait pas vraiment c'est-à-dire précisément d’étalon de mesure. Ces mesures de vérité prendraient des valeurs entre 0 et 1 ou entre 0 et 100 ; par exemple 0.123… ou 12.134…

§83. Le concept de coordonnées est indépendant des règles : il est applicable à toute description. La surdétermination forme « une image ». « Les propositions qui sont liées […] ne sont pas indépendantes les unes des autres, […] et autorisent la vérification » : si elles n’étaient pas liées, leur intersection serait l’ensemble vide. Et il faut aller voir point à point entre les bords de la pellicule pour vérifier. Cette image ne peut être dite mais fabriquée, montrée, vérifiée intersection par intersection dans le détail.

§84. « Chaque énoncé consisterait alors à mettre en place un certain nombre d’étalons de mesure », trois pour un volume, quatre pour un espace-temps, au minimum deux : « avec impossibilité de mettre en place à la fois deux graduations pour le même étalon de mesure » sinon nous retombons dans la linéarité.

Autre application :

L’objet est
rouge

Ici

Plus
loin

Hier

V

V

V

Aujourd’hui

V

V

F

Demain

V

F

F

La vérité teste toutes les possibilités, les permutations de tous les pixels, selon une composition, de sorte que j’applique pour peindre la réalité de manière exhaustive.

Appliquer : pour être certain de peindre une surface, je croise les coups de pinceau pour que toutes les vallées des grains soient touchées ; je croise toutes les possibilités, la peinture est alors correctement apposée, techniquement.

§85. L’exemple du temps en ordonnée « nous paraît fortuit » ; ce qui ne l’est pas : « à toute proposition sont applicables les fonctions de vérité » ; elles peignent tout.

§86. En renvoyant à vrai ou faux, à cette restriction, le sens « rouge » ayant un référentiel en dénotation, V ou F, la syntaxe en tableau du produit logique regroupe par ce renvoi symbolique « les propositions qui sont une détermination. »

82. […] Ce n’est pas la proposition que j’appose à la réalité comme étalon de mesure, mais le système de propositions. […]

Un système détermine une proposition par deux coordonnées. Je ne compare pas une proposition comme « rouge » à la simplicité linéaire d’une échelle de mesure mais à une complexité de deux coordonnées.

82. […] Pour la description négative aussi : sans étalon de mesure, son point zéro ne peut pas m’être donné.

Point zéro : inflexion. Par exemple, si je dis « ceci n’est pas rouge », ceci peut être bleu ou vert. La négation propose de multiples cas : la négation d’une mesure peut être n’importe quoi. Une négation est un complément à l’ensemble : tout contredit un. Tandis que la contradiction propose un opposé unique. La négation peut prendre toutes les valeurs comprises entre 0 et 1 : une nuance quantitative. Ainsi, le point d'inflexion précis ne peut qu’être approché ou tout autre point, sinon par accident. Il manque la seconde coordonnée et un croisement c'est-à-dire la complexité à opposer à la réalité. Sans système, la linéarité, la simplicité et la quantité ne suffisent pas à la vérité.

Non pas dans la contradiction mais dans la négation, l’étalon de mesure disparait en tant que tel : aucune graduation est adéquate, aucun point zéro ne peut être donné. Dans une décomposition chromatique, comment dire exactement où commence le rouge ? Mais ici ou là, chaque grain est rouge ou non après vérification.

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Publié par DéfiTexte - dans Wittgenstein
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