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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 19:24

23. Si les liaisons entre le langage et les actions sont établies en quelque sorte dès les débuts de l’apprentissage du langage, peut-il arriver que ces liaisons se rompent ? Si oui, quel moyen ai-je de comparer l’accord initial à l’action ultérieure ? »

Wittgenstein, Remarques philosophiques, [Recension des matières II], Tel Gallimard, 1975, page 15.

L’attente naît tout de suite avec la source comme le plaisir toute de suite avec la réalisation. Pour Russell et Wittgenstein la fonction sature à droite ou à gauche : l’attente sature la source à gauche, le plaisir sature l’image à droite. Car pour Russell le plaisir tient à la réalisation, à la fin, attaché à droite, et pour Wittgenstein l’attente tient à la source, ce qui est ordonné ou proposé, attachée à gauche. « Attaché » signifie qu’ils sont inhérents c'est-à-dire totalement dépendants au sens de Husserl. Attente et plaisir surviennent par un mécanisme de la nature, psychologique, économique. Pour Frege, par la fonction par elle-même rien ne vient et la fonction est insaturée car il écarte la psychologie.

Entre langage et réalisations, la liaison entre ce qui se dit et ce qui se fait tient stable dès le début de l’apprentissage : « en quelque sorte » signifie « par saturation ». L’attachement logique, la saturation, fait que ces liaisons ne peuvent pas rompre. Et sans la logique, je n’aurais pas le moyen de comparer la conception de Russell et de Wittgenstein. L’attachement, l’enjeu de la logique.

L’attente se produit avant le plaisir « dès les débuts » : l’attente se produit dans la distinction de l’être et de l’être-tel, le plaisir se produit dans leur confusion. Où nous ne voyons pas que pour Russell les verbes purement intransitifs puissent alors être des fonctions ; ainsi, partir laisse la réalisation ouverte et l’attente indéfinie.

Par exemple, « lève-toi ». L’attente peut-être désagréable vient dès la proposition dans le risque d’une frustration, dans le souci, tension d’être comme chez Heidegger, tension intérieure-extérieure inconditionnelle. Le plaisir dans le succès apparait comme l’alternative à l’attente comme la terminaison s’oppose à l’ouverture. L’attente qui accompagne l’image, intériorité ajoutée, n’intervient pas comme solde monétaire et critère de garantie de réalisation tandis que le plaisir éteint le suspens à la fin.

Entre représentation et plaisir il y a un délai avant que la fonction soit achevée dans son processus tandis que l’attente achève la réalisation de la fonction avant la réalisation de son effet. Le plaisir rend la fonction hypothétique ; le plaisir est un point d’orgue terminal réifiant tandis que l’attente est une mélodie continue puis qui s’éteint sans saturation.

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Publié par DéfiTexte - dans Wittgenstein
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