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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 19:02

La définition de la philosophie, on la connait depuis Platon, République, Livre VIII, où Socrate expose l’allégorie de la caverne.

Par définition, la philosophie donne à voir ce qui est donné à voir : elle est une action avant d’être une matière, la poursuite du savoir hors de l’ignorance.

D’abord, le philosophe voit dans le soleil ce qui est donné à voir dans l’ombre : « philosophe roi », cela veut dire « au-dessus des autres ». Il est actif par l’esprit au-dessus de la masse passive des ombres enchainées et bornées. Il n’est pas de ceux qui imposent des contenus ! Son action colore la banalité grise, elle donne sa valeur ajoutée à la connaissance, la vue de la vue, en puissance deux.

Ainsi, il identifie les totalités : par exemple, il voit « justice » dans l’équilibre social d’une république idéale, il voit l’objet logique sous le phénomène, il tire la morale de l’histoire.

Sans philosophie, on ne voit que des ombres, mais plus grave encore, on se trompe de totalité : si un porteur de vérité parle d’en haut (truth bearer), l’écho en bas est attribué à une ombre. Alors, rien n’est entendu à la source et « ce qui vient de partout » n’est pas correctement attribué : une idée est prise pour une opinion !

Ensuite, à l’ombre de la caverne, les hommes ne peuvent pas tourner la tête : « enchainés, ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaine les empêchant de tourner la tête ». Le philosophe est actif, il bouge librement, il tourne la tête, il monte les chemins rudes et escarpés, hors des chaines. Puis il redescend pour donner.

Le philosophe s’en va connaitre le monde de l’entreprise, des sciences, de l’art, de la politique, puis il revient, donner à voir ce qui est donné à voir : ce que l’on ne voit précisément pas sans voyage, sans aller-retour, sans don, sans vision.

Le philosophe est ce montreur en haut, capable parce qu’il bouge en esprit et en expériences. Il donne. À voir. Ce qui est. À condition d’aller voir ce qui est donné.

L’amour de la sagesse c'est-à-dire de l’équilibre social et personnel est un très bel idéal grec mais contingent, hélas sans doute : ce ne peut donc pas être une définition.

**

Un voyage, c’est un départ, un séjour, un retour… Sur de longues distances. Claude Lévi-Strauss détestait peut-être les séjours physiques mais il a accompli et nous a conviés à de nombreux départs et séjours par l’esprit pour donner à voir ensuite ce que lui-même puis d’autres par leurs livres ont donné à voir sur un plan d’abord basique. Il a préféré ne pas seulement nous imposer des contenus mais plutôt d’agir par la vue sur les contenus… Il détestait les voyages peut-être à cause de l’inconfort du séjour physique mais aussi parce que, lorsqu’on a accompli une montée spirituelle, le plus important est le retour.

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Publié par DéfiTexte - dans Platon
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