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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 16:16

Aristote, Métaphysique, Livre V, Chapitre premier, traduction Saint-Hilaire prise chez M. Remacle.

§1 1012b Principes et causes se distinguent comme l’immédiat et l’antérieur, selon l’attachement à droite ou à gauche d’une fonction dirait Frege (selon le schéma d’un crochet [ ou ]). Le principe est « d’abord le point d’où quelqu’un peut commencer le mouvement […] précisément le point d’où l’on part ». Mais « il y a, par contre, l’autre point analogue en sens opposé » : le principe est ce premier point mais attaché de manière absolue à un second dans un sens ou dans un autre de sorte qu’il ouvre le possible en acte, sans attendre qu’une cause vienne commencer à agir à sa place.

Le principe n’est pas le seul premier point d’un mouvement quelconque mais l’inhérence, l’attachement absolu à un autre point analogue à ce point : le premier point avec l’autre point analogue. Ainsi un point d’inflexion d’une courbe ou de l’angle d’un aller-retour. Le principe est premier attaché, avec l’autre dans le sens contraire : le principe est premier moteur c’est-à-dire couple nécessaire. La cause n’est point nécessairement attachée, parfois en attente d’une cause complémentaire, par exemple le nuage.

En tant qu’antécédent il est cause ; mais s’il attend un second point il n’est pas en acte : le principe est le couple point-point gros du trait. Ou par exemple le couple point d’appui-levier, en général le moteur (couple) par soi porteur de la puissance, ou le couple but (un)/explication (liste), ou élément/ensemble et tout genre d’inhérence. Ce couple n’est pas une cause car un moteur n’est pas une chaîne : ni le dessinateur du mouvement, ni son matériel, ni la forme qu’il a en tête, ni ce à quoi il répond (désir, besoin, demande, influence).

Une cause est unité ou se combine à d’autres causes ; le principe est un couple qui préside et ne se combine pas : pure tension d’être. La présence d’une cause est antérieure dans le temps ou conditionnellement ; le principe naturel n’est séparé de l’effet par aucun interstice logique ou physique. Le principe moteur n’est pas la limite du seul dernier point atteint d’un voyage mais le point de l’aller-retour aux tensions contraires in re. Une cause est strictement antérieure tandis qu’un principe est condition inhérente.

§3 1013a « Par exemple, le principe d’un navire, [5] c’est la quille ; le principe d’une maison, c’est le fondement sur lequel elle repose » : le couple dont la simple présence a un effet. §2 « Principe s’entend encore du moyen qui fait que la chose est du mieux qu’elle peut être » : la propriété sans laquelle la chose serait moins bien. « Quand on apprend », le principe n’est pas nécessairement le premier point de départ de ce que l’on fait, « pas toujours le primitif et le principe véritable », le principe du mouvement, mais aussi le principe du mieux : « la notion », §6 « les arts » s’ils commandent, §7 les prémisses. « §3. Principe signifie aussi l’élément intrinsèque et premier de la chose » : premier, de la chose ainsi que du mouvement, mais inhérent et intérieur. Intérieur car le verso, extrinsèque, la partie invisible de tout objet perçu ne cause pas son recto. Mais la psychologie acquiert le complément et l’extérieur.

§4 « Principe veut dire encore la cause initiale qui fait naître une chose, sans en être un élément intrinsèque, et ce dont sort primitivement et naturellement le mouvement de la chose, ou son changement. » Le principe est cas particulier des causes initiales en étant primitif et naturel : l’événement au-dessus duquel l’on ne peut pas logiquement remonter. Naturel : logique, sans caractère technique non-naturel, immédiat et sans explication. Parce que physiquement l’on peut remonter du couple quille/bateau vers l’architecte, le bois, le plan ou le besoin exprimé. Dans ce cas, le principe-cause inhérent n’est pas intrinsèque mais extérieur : « C’est ainsi que l’enfant vient du père et de la mère » ou qu’un conflit social vient d’une insulte. Où l’on voit en termes d’action que principe et cause se distribuent comme être et en tant qu’être.

§5 [10] Un principe inhérent fait naître une chose sans décalage naturel et « fait mouvoir ce qui est mû » sans faire mouvoir indirectement quelque chose qui fait mouvoir ce qui est mû. Par exemple, la montagne et le torrent, la mer et la côte, la plaine et l’horizon, se font naître mutuellement immédiatement (sans médiation). Ainsi le couple être-volonté ou État-gouvernement : « par exemple, dans les États, les principes qui les régissent, gouvernements, dynasties, royautés, tyrannies. »

§8, §9 Une difficulté : l’inclus ne peut pas être incluant en même temps. En termes d’acceptions, « toutes les causes sont des principes aussi » : tout ce qui est dit d’une cause vaut pour le principe, notamment l’antériorité. Mais c’est le mot de Cause qui a autant d’acceptions que le mot de Principe. Toute acception ou caractéristique du ligneux peut se dire du bois, ou tout de l’humain se dire d’un individu, ainsi d’une substance pour une matière incluse. Car aucune perfection, aucun attribut ne peut manquer au principe.

Tandis qu’en termes de définition, le principe est cas particulier de l’ensemble des causes, cas restreint au primitif et intrinsèque qui ne peut pas se dire de toutes les causes. (Or tout ce qui peut être dit d’une matière ne peut être dit d’une essence c’est-à-dire d’une intersection.) Il n’y a donc pas de divorce entre ce qui est et ce que l’on dit, d’ambigüité entre quoi est inclus dans quoi : le logos est respecté, la signification étant que ce qui est dit d’un sujet signifie ce qui est dit d’un ensemble et se distingue de ce qui est dans le sujet (nous l’avions vu).

§10 « Entre les principes, les uns sont intrinsèques et dans la chose même ; les autres [20] sont en dehors d’elle » : les uns et les autres inhérents toujours mais selon, dans ou hors de la chose. Ainsi la nature immanente est dans la plante qui grandit (et que je touche), plus grande qu’elle et en dehors d’elle quand la nature organise la forêt. De même aussi homme et humain pour la nature et la culture. « Et c’est en ce sens qu’on dit que la nature est un principe, comme on le dit de l’élément d’une chose » : de l’élément d’un ensemble, inhérent et d’extension différente.

Où l’on voit que nature et logique fonctionnent pareil car la logique est une description de lieux et de leurs interactions : la nature se définit par son lieu logique et la logique par une topologie. Comme on le dit aussi « de la pensée, de la volonté, de la substance des choses, et du but final, pour lequel elles sont faites ». Car il y a de ces éléments vitaux à l’intérieur de nous et au-dessus de nous (socialement ou à l’échelle de la ville) ; il y a le bois dans la matière et le ligneux substantiel ; l’en tant qu’être qui s’occupe de plus de choses que l’être. Et le « but final, pour lequel [les choses] sont faites » est explicite, verbalisé, ou bien finalité implicite, en creux, en termes de manque ; par exemple vase et besoin de stockage. La finalité existe comme but ponctuel et comme finalité-nature, une nature des manques qui est la cause sociale des réponses aux demandes.

En termes de lieux logiques, incarnés, fournissant une esthétique de la nature, provoqués par les distinctions et autres disjonctions, entre lesquels la conscience métaphysique joue très précisément, les principes inhérents sont dans la chose même, mais dedans selon l’extension (couleur-surface, étendue-surface, structure-style, etc.) ou bien dehors (recto-verso, campagne-horizon, etc.)

Intrinsèque est le cas particulier {dans la chose même et dedans}. C’est au sens plante-nature (élément-ensemble) que l’on dit que la nature est un principe. Si je cultive la plante je teinte la nature mais je ne la cultive pas. Et le couple (objet logique) État-gouvernement (état-volonté) s’entend davantage comme couleur-surface (institution) que comme plante-nature – mais pas comme recto-verso. En effet, si je parle à l’État, je parle au gouvernement, je n’ai pas à m’adresser ailleurs, à un bureau à côté, mais à une personne représentant le tout : au même côté (sinon la situation serait kafkaïenne).

De même, le bien et le beau occupent ce lieu de l’ensemble au sens de la nature par rapport à la plante et c’est ce lieu qui nous fait agir et savoir.

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Publié par DéfiTexte - dans Aristote
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