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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 19:03

Consignes et prévisions impliquent la restriction du sens à son application : vision logique que l’esprit distingue en phénoménologie chez Wittgenstein.

Maintenant, le problème est le suivant : comment « reconnaitre » la restriction d’une permanence au sein d’une variation ? (Cf. §16)

11. Comment sais-je alors que c’est là la couleur que j’avais désignée en esprit ?

Wittgenstein, Remarques philosophiques, [Recension des matières I], Tel Gallimard, 1975, page 14.

Parce que la vision phénoménologique distingue l’être-tel, que l’esprit désigne. Aristote le disait, je reconnais l’homme accroupis lorsque sa position rejoint l’être-accroupi : le modèle de l’être accroupi, l’état des choses au sens de Husserl.

Or pour Wittgenstein, l’être-tel est le système d’inertie stable en source, permanent et continu, le détail qui s’impose : l’état des choses devient le domaine de définition nonobstant ses restrictions.

Alors, je connais que c’est là la couleur que j’avais désignée parce que je compare la couleur avec la couleur-telle. Je peux reconnaitre le rouge que je vois car je connais le rouge comme tel : j’ai un modèle de rouge en tête, une constitution de système permanent. Mais je compare non seulement avec le model tel entre sensible et intelligible mais aussi avec les conventions, entre intelligible et l’état des choses.

§12 L’enjeu est que sans la représentation de l’être-tel, sans la convention ou sa restriction, aucune comparaison ne s’établit et on ne verrait que des nuances.

Mais le problème se complique parce que les phrases en référence §11 contiennent trois propositions (deux fois le mot « que ») : je sais que c’est là ce que j’avais désigné en esprit et je sais que je reconnais là ce que je vois en esprit :

11. Comment puis-je savoir que je peux reconnaitre [ce que je vois] ?

Je reconnais là la couleur que j’avais en esprit, mais maintenant, comment puis-je savoir que je reconnais ?

Parce que le savoir est en source (et non au-dessus) de la connaissance comme l’être-tel est la condition du sensible : le savoir est une accession à un modèle comme la connaissance est une accession à l’être-tel. Je sais par l’être tel et par le modèle.

Remarque : la restriction expliquait §10 l’essence de la proposition négative, le modèle préalable et l’être-tel expliquent §11 l’essence de la proposition interrogative (le §11 est en acte sous forme interrogative).

En effet, la forme interrogative et affirmative mobilisent toutes les deux le même être-tel ou le même modèle : une pensée pour Frege. Ainsi, « comment puis-je savoir » mobilise un mécanisme de comparaison alors que le kantien « que puis-je savoir » mobilise des lois.

Et la composition des trois fonctions du §11, savoir, reconnaitre, voir, renvoie à la composition du §7 : justifier, décrire, représenter : le modèle se décrit, l’être-tel se reconnait.

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Publié par DéfiTexte - dans Wittgenstein
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