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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 13:22

4. Pourrais-je décrire la finalité des conventions grammaticales en disant que je dois les adopter parce que disons les couleurs ont certaines propriétés – […]

Wittgenstein, Remarques philosophiques, [Recension des matières I], Tel Gallimard, 1975, page 13.

Nous ne pouvons pas adopter les solutions grammaticales pour la raison, disons, que jaune plus bleu donne vert, c'est-à-dire parce que nous adoptons les solutions naturelles : ce serait puiser dans deux domaines de définition différents, deux conventions. Ce serait faire une faute phénoménologique : mélanger ce qui est distingué, nos nodosités et celles de la nature. Or, elles n’ont rien à voir entre elles.

La grammaire gère des formes tandis que la nature gère des ingrédients matériels : « le rouge est vert » est grammaticalement correct et matériellement faux. La grammaire gère les conventions de correction, la nature gère les mélanges.

Matières et conventions ne répondent pas aux mêmes besoins : aux mêmes finalités.

4. […] – dans ce cas ces conventions seraient superflues puisque alors il me serait possible de dire ce que précisément les conventions excluent.

« Dans ce cas » signifie : au cas où je fais la faute phénoménologique de confondre les deux domaines de définition : matières et conventions.

La nature exclut les matières mais ne dit pas ce que les conventions excluent. Les conventions seraient superflues si la nature pouvait dire ce que les conventions excluent. La physique ferait mieux que le langage : elle exclurait les matières, et en plus, elle exclurait ce que les conventions excluent. On n’aurait pas besoin des conventions, la physique suffirait.

Si je confonds nature et correction, si je prends les conventions grammaticales pour des raisons naturelles, si je confonds des domaines de définition étanches, alors les conventions pourraient dire les ingrédients matériels que la nature exclut et la nature pourrait exclure les formes que les conventions excluent.

Or, les conventions n’excluent pas les ingrédients mais les distorsions de forme tandis que la nature exclut les matières en vrac, quelques soient leurs formes.

**

Comme le dit Wittgenstein dans sa préface, une civilisation basée sur la science construit des diversités tandis qu’il s’agit pour lui de fonder un autre domaine de définition fait de structures et d’intersections : d’essences. Au lieu d’extériorités en progressions, il s’agit de clarifier « toujours la même chose », l’esprit qui en « reste là où il est », c'est-à-dire la notion de domaine de définition, d’« esprit qui anime », de « large courant de civilisation », de « gloire de Dieu ».

Wittgenstein veut rester pur de vanité c'est-à-dire d’ingrédients matériels, de matérialités, la difficulté étant qu’il est lui-même constitué de matérialités. Mais Wittgenstein écrit ce livre « à la gloire de Dieu », c'est-à-dire qu’il veut contribuer à notre civilisation, à son domaine de définition. Ou bien veut-il glorifier un Dieu humanisé, extérieur au mécanisme de notre monde moderne, appartenant à un autre référentiel : celui des conventions idéales.

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Publié par DéfiTexte - dans Wittgenstein
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