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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 19:26

Le premier chapitre des Remarques philosophiques de Wittgenstein traite des domaines de définition : celui de la physique de la matière, celui des conventions de la grammaire.

Les remarques logiques en général nécessitent toujours des exemples car elles sont concrètes, c'est-à-dire qu’elles donnent à voir.

Par exemple, si vous mélangez matériellement toutes les couleurs, vous obtenez une sorte de marron… Si vous faites tourner rapidement un disque multicolore, vous percevez du blanc. Il y a donc différence entre mélange matériel et mélange rétinien.

2. La complexité de la philosophie n’est pas celle de sa matière, mais celle des nodosités de notre entendement.

Wittgenstein, Remarques philosophiques, [Recension des matières I], Tel Gallimard, 1975, page 13.

Le problème des nodosités de notre entendement et de la complexité de la philosophie n’exclut pas la psychologie ici chez Wittgenstein contrairement à Husserl.
Nodosités, c'est-à-dire formes sur lesquelles la physique construit ses théories.

Une nodosité est sensible ; une complexité est une nodosité intelligible ; le problème de l’intelligible n’est pas celui de sa matière mais celui des complexités.

Le problème de l’intelligible est formel puisqu’il n’est pas matériel : les nodosités sensibles, accidentelles et intelligibles de notre entendement : ses turbulences.

**

On ne dit pas « l’homme est blancheur » : ce sont les formes et les accidents de notre esprit qui posent problème, les contraintes grammaticales, et non pas les matières.

Pour le logos, nos complexités du langage reflètent celles de la matière ; or pour Wittgenstein, le problème est celui de nos complexités propres.

3. Comme il serait étrange que la logique s’occupe d’un langage « idéal » et non du notre !

Ibidem.

Les mathématiques représentent le langage « idéal » de la physique c'est-à-dire une forme qui ne nous influence pas et que nous n’influençons pas, alors que la grammaire est un langage pratique c'est-à-dire qui nous influence, mais aussi influencé par nos complexités.

Physique et mathématiques vont au-delà de nos limites sensibles, au-delà d’une sphère humaine où l’humain influence. S’occuper de logique et de grammaire, c’est s’occuper de nos limites, de nos nodosités, de nos complexions, quel que soit le style ou la langue.

**

1. « Est complète l’analyse logique de la proposition dont la grammaire est complètement tirée au clair ».

Wittgenstein ajoute : la phénoménologie consiste à distinguer (l’essentiel de l’inessentiel), ce qui aboutit à la construction d’une grammaire des faits de distinctions – « sur lesquels la physique construit ses théories ».

La phénoménologie est donc la grammaire des distinctions, grammaire logique faite d’un ensemble de distinctions : est complète l’analyse logique de la proposition dont l’ensemble des distinctions est complètement tirée au clair.

Ce n’est donc plus sur la métaphysique, jeu de conscience, mais sur la logique, statique, que la physique construit ses théories. Pour Platon, il fallait jouer de la géométrie afin d’entrer en philosophie ; pour Aristote, ce jeu conduit aux distinctions qui établissent une physique. Ainsi, sa Physique sur la distinction du divisible et du continu ou celle du qualitatif par laquelle le vin provient du jus de la treille. Pour Wittgenstein, il convient de continuer la liste de ce que la conscience produit et voit, dont les distinctions font partie. Donc, oui, Wittgenstein continue la grande tradition philosophique, éloignée des affaires des sophistes, c'est-à-dire, dans le langage d’aujourd’hui, des obscures occupations médiatiques. Or, métaphysique et logique ne coïncident pas : la métaphysique est ce jeu, ce mouvement de la conscience, tandis que la logique demeure une statique… Mais leur point commun, leur intersection, leur essence, c’est cette vision de conscience dont nous traitons dans ce blog.

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Publié par DéfiTexte - dans Wittgenstein
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