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  • Auteurs étudiés en ce moment : Frege, Ecrits logiques et philosophiques ; Husserl, Recherches logiques ; Wittgenstein, Remarques philosophiques ; Aristote, Métaphysique.

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 15:45

Frege écrit page 146 de notre texte en référence : « personne n’a les représentations d’un autre, chacun a les siennes […] je ne peux extérioriser la singularité de [ma] représentation. […] Il en va tout autrement pour les pensées. Une même pensée peut être saisie par plusieurs hommes » : contrairement à une pensée logique sans extension, une représentation n’est jamais objective.

Ainsi, non pas l’évidence de l’extension qui dépend ou pas mais la notion de dépendance autant que d’indépendance est une évidence identique pour chacun. L’évidence objective est celle de l’évidence logique sans extension. Qu’un angle droit est un angle égal à son complémentaire n’emprunte aucune autre représentation que celle d’un angle droit universel car le complémentaire s’y voit immédiatement comme le recto avec le verso ou la droite avec la gauche. La représentation suggère, facilite, la naissance du même à partir du même, à droite et à gauche d’une symétrie.

Ici, Frege cite Husserl :

Certes, les concepts « angle droit » et « angle égal à son complémentaire » ont même extension, mais il est faux qu’ils aient même contenu.

Frege, Écrits logiques et philosophiques, [Compte rendu de Philosophie de l’arithmétique I], Seuil Points Essais page 146.

Argument

Que l’angle droit soit à droite ou à gauche est indépendant de son extension. « Angle droit » et « angle égal à son complémentaire » sont de surfaces superposables mais à deux positions différentes : deux contenus de pensée différents. Lorsque je superpose, je vois l’extension car je reconnais les surfaces et le droit de l’angle : qu’il y a une surface et une propriété. La logique voit le vide des contenus « droite » et « gauche » comme elle voit la variable x qui prend les valeurs « angle » et « complémentaire ». Les contenus sont statiques tandis que la superposition est active. Un contenu est vide : c’est l’extension qui est pleine ; une variable n’a pas de surface. Au contraire, la psychologie parcourt le vide, soumise et dépendante de l’attention, d’une capacité, et de la connaissance des propriétés.

Distinctions

La dénotation distingue extension et contenu comme le plein et le vide, comme la psychologie et la logique. Un contenu de quoi que ce soit est à gauche, un autre à droite, et à gauche et à droite ils ont peut-être la même extension. Gauche et droite, ce sont des positions sans extension, des vides prêts à recevoir ce qui s’y trouve ou s’y place. Ils ne sont pas positionnés pareil mais par un mouvement de conscience leur surface peut coïncider. Une vision de position est statique, la vision de la forme d’une extension nécessite un mouvement des yeux, de l’imagination. La logique ne présuppose pas la catégorie kantienne de l’espace. Je vois « position » globalement et sans mouvement mais je ne vois pas « extension » sans mouvement de mise en coïncidence. Le contenu a un sens logique, celui des positions comme « sens » et « signification » qui reçoivent des extensions variables selon la religion des opinions.

Un contenu a une position, un réceptacle à gauche et à droite pour des extensions différentes. La forme distingue « shape » et « form » en anglais ou « gestalt » et « form » en allemand selon que l’on dira « prendre corps » ou que l’on parlera d’analogie. Par exemple, la vie sous ses formes prend des apparences différentes selon les genres et espèces ; je juge sur la forme si je remarque que la conclusion suit l’introduction, que les contraintes grammaticales sont respectées et que le document est signé. Un même contenu est exprimé par des longueurs variables.

Problème

Si le contenu était de l’eau ou du vin le contenant serait le vase ou le verre préexistant. Or la logique n’a pas de contenant sensible ou physique, et ce contenant devrait encore avoir un contenu logique : une position, quelque chose de préétabli, immédiatement pour-soi, qui guide notre imagination.

Enjeu

Le poète ne sera jamais certain que l’on comprend ses sentiments ou idées, selon les cultures, les envies et les connaissances, tandis que le contenu est la tabula rasa de Leibniz dont les veines du marbre guident notre imagination.

Argument

Chaque position accommodée peut représenter un même phénomène, ici un angle droit, mais pourrait aussi représenter autre chose. Ainsi, un lapin de profil peut se transformer en canard par une sorte d’illusion d’optique si l’on accommode les positions entre un bec et des oreilles en tournant l’attention à droite ou à gauche. Il est donc faux qu’un même phénomène représenté de deux manières différentes ayant donc pourtant la même extension ait cependant toujours le même contenu pour autant. Le même substrat « être » est néantisé ou bien différencié différemment.

Argument

L’illusion d’optique tient à une extension ambigüe, pas la disjonction, l’inclusion ou le graphe de la fonction propositionnelle. L’accommodement ne tient pas à la psychologie et à la contingence car on peut toujours néantiser, vers un fond, une symétrie ou une absence. L’accommodement est immédiat, rupture et solution de continuité par saut qualitatif indépendant des quantités, l’alternative n’empruntant aucune autre capacité que celle de la vision d’un des membres, évidence équivalente, communicable quelle que soit la culture ou la sensibilité. Un contenu sans extension est stable face aux variations et l’instabilité est inhérente à la stabilité.

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Publié par DéfiTexte - dans Frege
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