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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 19:53

L’enjeu de l’attachement de la source et de la fonction est de penser la propriété physique c'est-à-dire l’attachement de la source à la fonction par la seule présence : une inhérence logique.

78. Que r et g saturent complètement le f, cela ne se montre pas dans nos signes [mais dans le symbole]. En effet, étant donné que celui-ci englobe la forme des objets, il faut bien que dans cette forme se montre l’impossibilité de « f(r).f(g) ».

Wittgenstein, Remarques philosophiques, [Recension des matières VIII], Tel Gallimard, 1975, page 22.

Que r et g sont inhérents à Á, cela ne se sent pas au contact des signes mais au contact du symbole que les signes représentent. Par exemple, le sceptre par sa présence donne de l’autorité, le levier donne puissance au physicien. Le symbole est une fonction particulière qui associe le signe à autre chose, à un référentiel, par sa simple présence : il renvoie à un domaine de définition ; selon, un bâton est sceptre ou levier. La saturation est l’attachement de la source à son efficacité, pourvoir ou puissance, par la présence du symbole.

Le signe ne sature pas la fonction : une flèche ne nous fait pas sortir de la pièce. Qu’il convienne de soulever son chapeau pour saluer ne se voit pas dans le chapeau mais dans la convention. Le symbole sature la fonction car sa seule présence déclenche l’effet : pouvoir ou puissance.

Nous l’avons vu §75, §36, §35, §23, la source sature la fonction mais ici la précision est apportée : c’est le symbole qui a une propriété, pas le signe.

Par définition, une propriété physique est la fonction d’une simple présence : fonction par la présence de la source, inhérence de la présence de la source et d’un effet. Par exemple, l’eau gèle par la présence du froid : sa seule présence fait fonction ; je salue lors d’une rencontre par la simple présence de la convention. Ainsi au §38 : le poids d’un souvenir colore la réalité, la présence d’un souvenir suffit tandis que l’être-tel est seulement disponible : il n’a pas de propriété. De sorte que le signe ne suffit pas : il faut encore un poids pour qu’il y ait influence. Le modèle ne suffit pas, il faut encore une esthétique : au §37, un rouge représenté n’est pas encore un rouge vu c'est-à-dire un rouge capable d’influencer physiquement. Au §4 : une cause, la finalité, tient parce que les couleurs ont certaines propriétés (l’absorption). Au §25, la représentation lors de l’attente que p sera réalisé est la même que la représentation de la réalisation : je ne suis pas déçu. Ici, la fonction de la présence de p doit être identique à la fonction d’accomplissement – la présence lors de l’attente que p sera réalisé est la même que la présence de la réalisation : j’ai toujours aussi froid, je suis toujours autant influencé. Où l’on voit que l’inhérence tient à ce qu’une représentation est une présence.

Le symbole « englobe la forme des objets » c'est-à-dire le domaine de définition c'est-à-dire ce à quoi les éléments source appliqués se réduisent au départ. Le symbole tient à un niveau de référentiel : il est le référentiel du signe, en-dessous de lui pour le soutenir dans ses effets c'est-à-dire en tant qu’objet logique – et non au-dessus comme Dieu.

« L’impossibilité de "f(r).f(g)" » signifie que ce « produit logique », ce croisement cartésien (du type longueur par largeur) est l’ensemble vide : il y a impossibilité qu’il y ait quoi que ce soit au croisement. Autrement dit, les domaines de définition sont parfaitement étanches : au-delà des Pyrénées, du Channel, les coutumes sont radicalement différentes. Le §79 confirme.

Ainsi, conscience et quelque chose se saturent si ce quelque chose influence la conscience : cette table que je contourne modifie mon trajet, ce que je vois retient mon attention. Je prends conscience de quelqu’un au même moment que je le salue (ou que je refuse de le saluer), de cette table au même moment que j’applique la procédure de contournement.

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Publié par DéfiTexte - dans Wittgenstein
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