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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 11:58

L’Académie de Grenoble nous propose un commentaire des §57 à §66 des Remarques philosophiques de Wittgenstein, ce qui nous permet de préciser, de clarifier, de résumer, quelques-unes des images, des traductions que nous avons proposées ici. Que son auteur en soit remercié.

§57. L’emploi du mot « je » implique le risque de psychologisme. Le « je » est un sensible et un centre, comme autrui est aussi un centre, qui sont contingents. Mais, hors psychologie, en logique, dès que je pose un centre, de manière inhérente il y a une périphérie. Le mot « je » est trompeur car il cache la réalité du non-être c'est-à-dire de la périphérie – et de la contingence. (Il est aussi trompeur car autrui est un centre équivalent.) Cette périphérie au moins autant réelle que le centre est l’impersonnel de ce que le on dit, de ce que les livres disent comme « Jules César a franchi les Alpes » (§56).

§58. « La position privilégiée ne se laisse pas formuler » car on disjoncte à l’infini, on accommode, entre centre et périphérie. Une application est le développement d’un centre, d’une position, et corrélativement d’une périphérie.

§59. Comme le disait Parménide, la périphérie n’est pas le chemin de la science : je ne peux que croire ce qui se dit en périphérie car croire est savoir sans voir – et je ne vois guère que le centre. Mais si je vérifie, je crois ; car ce que je vois d’une vision logique, je le vois immédiatement et sans vérification, je vois l’acte sans développement, sans explication, comme l’inhérence du point et de son à-côté (esthétiquement : Kant disait « sans concept »). Si je vérifie, je développe et délaie, et je ne peux pas voir clairement à la fois le point et son à-côté : si je ne vois pas clairement, je ne peux que croire. Mais si quelqu’un est triste, je le sais sans explication, sans vérifier : « je ne peux croire que je suis triste » – et la différence des centres ne change rien à la question. Or, la tristesse immédiate dépend du sensible et non de l’esprit : même immédiate, je n’ai pas de la tristesse un savoir logique : j’ai une sensation, pas une vision.

§60, §61, §62. Cela a un sens de dire que deux hommes ont le même corps s’ils ont le même comportement, et les maux de dents d’autrui ne se différencient pas des miens – sinon comment le prouver alors qu’autrui a le même comportement que moi ? De même que x=y=2, où 2 signifie « même comportement » – ce qui serait faux si x et y renvoyaient à eux-mêmes, à leur graphie, à leur sonorité. Certes, qu’ils aient en général la même douleur originairement, en source de leur comportement, cela on ne peut pas le dire et doit être tu. Et le temps passé entre maintenant et naguère ne fait rien à l’affaire lorsque la sensation est l’acte F(x) c'est-à-dire la réalisation quelque soit le temps ou pour un temps donné.

Où l’on voit le piège des sensations pour la logique : le développement opposé à l’acte…

§63. Douleur et sensation c'est-à-dire source et fonction sont au même endroit : la source ou l’attente sature la fonction vs. Russell pour qui c’est l’image et sa satisfaction qui sature la fonction.

§64. La vérité des sensations tient aux tensions intimes inconnues ou à l’apparence des comportements.

§65. Le langage porte les contraintes logiques ; on ne dit pas « je sens ses douleurs » comme de même on ne dit pas l’homme est blancheur mais l’homme est blanc.

§66. S’il m’arrive de penser différemment un jour ou l’autre, c’est bien que j’ai deux corps. Entre deux corps, on transmet le microbe physique de la rougeole mais non pas des pensées. Par téléphone, on transmettrait davantage la rougeole que la pensée : chacun recrée la pensée.

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Publié par DéfiTexte - dans Wittgenstein
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