Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le défi des textes de philosophie et de leurs commentaires
  • Le défi des textes de philosophie et de leurs commentaires
  • : Promouvoir le caractère vérifiable de ce qui peut être dit
  • Contact

Profil

  • DéfiTexte
  • Auteurs étudiés en ce moment : Frege, Ecrits logiques et philosophiques ; Husserl, Recherches logiques ; Wittgenstein, Remarques philosophiques ; Aristote, Métaphysique.

Recherche

Archives

14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 19:16

Le tableau cartésien d’un produit logique est compatible avec le schéma du film que Wittgenstein a souvent en tête : la beauté « technique », sorte d’oxymore, tient à la perfection du grain, sans rayure ni tache.

80. Une couleur résultant d’un mélange, ou couleur intermédiaire, entre bleu et rouge est telle de par une relation interne qu’elle entretient avec les structures du rouge et du bleu. Mais cette relation interne est élémentaire. […]

Wittgenstein, Remarques philosophiques, [Recension des matières VIII], Tel Gallimard, 1975, page 22.

Au croisement entre des nuances de rouge en abscisse et des nuances de bleu en ordonnée, il y le pixel, le grain rouge-bleu. Mais si rouge et bleu sont mélangés on n’a pas cette coordonnée {rouge, bleu}. Un mélange correspond à une relation interne, la détermination à une relation externe. Une relation interne E Ä E correspond à une ligne ou bien à une surface rouge-rouge ou bleu-bleu ; une relation externe E Ä F correspond nécessairement à une surface. Mais la nuance rouge1 et rouge2 est de la forme rouge, la coordonnée {xi, xj} se réduit à la forme {x}. La coordonnée d’une relation interne est « élémentaire » c'est-à-dire de la forme {x} et non pas de la forme {x, y}. Ce mélange est tel « par une relation interne » c'est-à-dire par un développement en ligne ou en surface d’ordonnée 1. L’intermédiaire x s’intercale entre xi et xj ; un mélange implique toujours la régression d’une couleur intermédiaire et l’indétermination d’une seconde coordonnée : les coordonnées {xi, xj} sont d’une nuance infinitésimale. Et « cette relation ne consiste pas » en la proposition « a est rouge-bleu » c'est-à-dire de la forme complexe {x, y}.

Le grain a rouge-bleu est le produit cartésien logique de a-rouge et de a-bleu. Le mélange est confusion d’une seule dimension s’il n’y a pas croisement externe E Ä F mais un E élémentaire seulement : il n’y a pas la structure rouge Ä bleu mais graduation linéaire entre rouge et bleu sur une échelle chromatique linéaire de surface unitaire, en bandes unies.

Ainsi, mélange et croisement se distinguent : la juxtaposition est notion trop imprécise. L’essence tient à l’inclusion ou à l’intersection en un sens précis, la définition atteint le grain, ainsi qu’à un certain développement explicité au chapitre X.

Où l’on voit la vérité intime tenir à autre chose qu’aux tables de vérité, celles-ci étant, nous le verrons, un cas particulier de ce concept de produit logique. Une table de vérité devient problématique, étant d’une certaine intimité mais ne nous livrant pas l’intimité. La vérité projetée tient à la beauté technique du grain de la pellicule.

**

§81. Les sons, les charges électriques, les couleurs, sont en « un état donné en un point ou au même moment » : à l’intersection d’une intensité et d’un moment.

81. […] Mais comment puis-je exprimer que la couleur, par exemple, est décrite de façon complète ? Comment puis-je obtenir qu’une deuxième proposition de la même forme contredise la première ? – Deux propositions élémentaires ne peuvent pas se contredire.

Ibidem

Contredire, c’est croiser l’abscisse et l’ordonnée, chacune étant le contrefort de l’autre.

L’élément a rouge ne contredit aucune nuance ou qualité chromatique mais se place quelque part sur une échelle infinitésimale : une telle proposition élémentaire ne peut rien contredire ou deux propositions élémentaires ne peuvent pas se contredire.

Pour qu’une deuxième proposition – appartenant à un même domaine de définition, à une même forme – contredise c'est-à-dire croise logiquement une première, il faut la disposer en un tableau cartésien. Si elle était d’une autre forme, par exemple cercle et croix, l’intersection serait nécessairement accidentelle : les conventions sont étanches.

Par exemple la couleur sera décrite de façon complète, non pas par une décomposition chromatique où la limite entre nuance est infinitésimale, appartenant à l’ensemble des réels, mais par l’intégrale des coordonnées selon un différentiel de temps.

L’intégrale : le thème apparait.

Il suffit que les états en abscisse et ordonnée soient différents c'est-à-dire que la frontière entre eux soit étanche, par exemple entre temps et lieux. L’exhaustivité n’est pas exigée c'est-à-dire que l’état en abscisse se distingue de l’état de l’ordonnée.

Partager cet article

Repost 0
Publié par DéfiTexte - dans Wittgenstein
commenter cet article

commentaires