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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 19:20

Les chapitres précédents traitaient : du domaine de définition, de l’application, de la fonction, du continu d’une application interne, le discontinu d’une application externe, du centre et de la périphérie au chapitre précédant.

Le point d’orgue du chapitre VII, chiffre de l’importance (Platon choisissait le milieu), traite de la source d’origine : du pouvoir et de la liberté.

67. Supposons que j’aie une mémoire si bonne que je puisse me souvenir de toutes les impressions de mes sens. Je pourrais les décrire, par exemple en re-présentant plastiquement les images visuelles que je ne modèlerais qu’à le mesure de ce que j’en aurais réellement vu et que j’animerais par un mécanisme.

Wittgenstein, Remarques philosophiques, [Recension des matières VII], Tel Gallimard, 1975, page 20.

Si j’avais une mémoire parfaite, mon imagination débridée n’interviendrait pas pour modeler impersonnellement les images que je présente mais je pourrais garder l’adéquation plastique de mes sources et choisir mon mécanisme de présentation : reproduire et choisir, tel est le problème de la génération.

68. Si je décris un langage, je décris quelque chose de physique. Mais comment un langage physique peut-il décrire le phénomène ?

Ibidem

Nous l’avons vu au §66, le langage est physique : il transmet quelque chose de physique comme le téléphone transmet de l’électricité, et non des paroles et des pensées.

Or, la phénoménologie décrit non pas les phénomènes mais les objets logiques sous les phénomènes (understand). Le phénomène peut être moral (non-physique), mais l’objet logique inhérent est physique.

Le langage décrit le phénomène en décrivant le dessous des cartes, les objets logiques, en décrivant ce que nous avons rappelé que les chapitres précédents traitent, en particulier des distinctions dont la phénoménologie est une grammaire, et en décrivant le caractère physique, inhérent et accessible du langage.

L’hypothèse d’une mémoire parfaite ne tient pas : la rigueur des objets logiques tient c'est-à-dire les conventions techniques et sociales car le langage porte les procédures. Le langage porte la liste morale de ce qui se fait ou non et logique des contraintes esthétiques (on ne dit pas que l’homme est blancheur… et Cf. §65).

Ainsi, le langage porte les contraintes conventionnelles et logiques que l’on décrit comme un mode d’emploi. Il modèle physiquement, il génère les productions et impose les mécanismes, les fonctions. Or, un outillage plie, perce, assemble, impose des produits et s’y adapte, mais ce n’est pas lui qui révèle la description, la fonction ou la manière de modeler. Il faut passer de la physique à la logique pour décrire la fonction – et se libérer de ce qu’elle impose. Il faut accéder au bureau des méthodes et aux décisions d’une direction générale.

69. le phénomène (specious present) comporte le temps mais n’est pas le temps. Alors que le langage se déroule selon le temps.

Ibidem

L’objet logique est présent, sous le déroulement dans le temps. Sous le langage, il y a la fonction propositionnelle qui décrit le phénomène de déroulement temporel source-fonction-image, du passé vers le futur – et la fonction est au présent. Mais le phénomène distingué en l’espèce est l’objet logique en entier présent : il comporte le temps car le présent est une partie du temps. L’objet logique porte le présent comme une personne porte avec elle les conventions.

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Publié par DéfiTexte - dans Wittgenstein
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