Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le défi des textes de philosophie et de leurs commentaires
  • Le défi des textes de philosophie et de leurs commentaires
  • : Promouvoir le caractère vérifiable de ce qui peut être dit
  • Contact

Profil

  • DéfiTexte
  • Auteurs étudiés en ce moment : Frege, Ecrits logiques et philosophiques ; Husserl, Recherches logiques ; Wittgenstein, Remarques philosophiques ; Aristote, Métaphysique.

Recherche

Archives

7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 19:11

70. Nous avons besoin d’une forme d’expression selon laquelle nous puissions re-présenter les phénomènes de l’espace visuel isolés en tant que tels.

Wittgenstein, Remarques philosophiques, [Recension des matières VII], Tel Gallimard, 1975, page 21.

La proposition 70 du chapitre 7 : point d’orgue dans le point d’orgue.

Nous avons besoin des objets logiques… Avoir besoin, telle est l’urgence. Nous avons besoin de quelque chose qui nous isole comme une cabane en bois au milieu de la forêt… Mais qui nous isole « en tant que tels » comme une distinction établit une coupure radicale… Ou quelque chose qui véritablement regroupe ce qui est isolé.

Une cabane en bois peut être isolée physiquement mais les édifices logiques sont isolés en tant que tels, dans l’idéal. La grammaire des distinctions et des objets logiques en général est une forme d’espace visuel, mais un espace de vue de l’esprit. Un espace d’expression et de présentation d’un ensemble de regroupement.

Selon l’amphibologie de la proposition 70, nous avons besoin d’un espace visuel approprié qui nous permette à la fois d’isoler les phénomènes et aussi de regrouper les phénomènes logiques isolés en une grammaire.

Car pour être libre, nous avons besoin d’isoler les espaces d’influence, au-dessous des cartes, de nous les représenter en tant que modèles tels : les domaines de définition, les restrictions qui guident la main, la fonction qui présente le temps au présent, les flux ou les ruptures choquantes, les centres décisionnaires, les masses influentes. Nous avons besoin d’une forme d’expression qui déconstruise et construise, selon une disjonction infinie entre éléments amphibologiques c'est-à-dire un aller-retour de l’attention.

Disjonction infinie : thème musical qui apparait. Autre disjonction :

71. C’est seulement dans le langage de l’espace physique que l’espace visuel s’appelle subjectif. […]

Wittgenstein, Remarques philosophiques, [Recension des matières VII], Tel Gallimard, 1975, page 21.

Dans l’articulation de l’espace logique, il y a des objets, construits par l’esprit : il dénote l’objectif ; dans l’espace organisé par la physique, les choses dépendent de notre centre subjectif. L’esprit subjectif traite de l’objet, l’objectif logique traite du sujet. La source qui nous influence est objective, objet sous le sujet : c’est elle le sujet.

71. […] Ce qui est essentiel, c’est que la re-présentation de l’espace visuel re-présente un objet et ne comporte pas d’allusion à un sujet.

La fonction propositionnelle traite en source de l’objet sous le sujet subjectif et l’essentiel est qu’elle ne comporte pas d’allusion à une image puisque nous ne pouvons pas en parler précisément, dépendante du centre subjectif, et nous devons la taire. Le sujet à traiter, le sujet grammatical du verbe, ne peut être que l’objet logique : tous les possibles ne sont pas dicibles, la logique stoppe la disjonction d’attention entre sujet et objet, l’accommodement entre sujet subjectif (image) et sujet objectif (la source). Le sujet que l’on peut précisément dire est la source qui génère l’image – qui conditionne notre liberté. En référence au §68 : un langage physique peut décrire le phénomène en décrivant la source – dont la liberté est l’enjeu. Mais un langage portant sur des éléments et des architectures d’une physique logique.

Où l’on voit Wittgenstein re-placé sur un second plan.

72. Comment puis-je reconnaître que je vois le monde à travers la pupille de mon globe oculaire ? D’une façon qui ne sera pas substantiellement différente de celle-ci : le voir par une fenêtre.

Ibidem

Nous l’avions dit, par la pupille, nous ne voyons pas : au centre de l’œil il y a une tache aveugle et nous voyons par la périphérie où les cellules bâtonnets se trouvent. Si nous voyons le monde par une fenêtre, nous ne voyons pas sa périphérie : nous ne voyons pas la source à gauche de l’image et nous reconstituons le monde. Nous inversons le subjectif et l’objectif : ce qui parait objectif est subjectif, reconstitué. Sans la périphérie, nous ne voyons pas le pouvoir des influences objectives. Il n’y a pas de différence de substance entre la fenêtre et l’œil : nous voyons physiquement – le pouvoir est affaire de position. Le centre est une illusion subjective ; la source qui nous influence est la périphérie objective. L’image au centre ne peut pas être dite précisément.

§73. L’espace est asymétrique entre centre aveugle et périphérie. Alors, dans l’espace visuel qui nous influence, nous voyons tous la même chose : nous avons tous les mêmes yeux. Sauf si nous déménageons et si nous changeons de périphérie, ou si nous changeons de centre et regardons, non pas vers les côtés en tournant les yeux, mais à nos côtés comme les combattants ; car « ce n’est que l’espace lui-même qui est asymétrique ».

Partager cet article

Repost 0
Publié par DéfiTexte - dans Wittgenstein
commenter cet article

commentaires