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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 19:18

L’être et l’essence sont au même endroit logique source. L’essence est ce sans quoi disparait la chose dont elle est l’essence, et l’être à déterminer est un vécu qui se place en source d’une fonction. Être et essence, ce n’est pas la même chose : l’être sera ici l’existence, dont l’essence est la tension, le mélange plutôt que le pur et le calme, et qui renvoie à des manifestations d’être : nausée, crainte, etc. « L’être est simplement la condition de tout dévoilement » : il permet de dévoiler sans être dévoilé, il tient dans l’intériorité que cache un visage impassible. L’être dévoile autant le phénomène subjectif que l’objet sensible et intelligible. Une conscience-tension « n’a pas de contenu », elle n’est jamais neutre, « il faut renoncer à ces "données" neutres ». L’être d’existence a une tension qui n’est pas un ensemble qui inclut ses éléments résultats. Toute existence existe comme conscience et toute conscience existe comme existence, ouverture sur le monde ou considération de soi. La conscience du Dasein est la condition nécessaire pour que l’être y tienne, l’essence pure étant la condition suffisante pour que la tension y prenne corps.

L’ensemble « objet-essence » fait un tout organisé : l’essence n’est pas dans l’objet, elle est le sens de l’objet, la raison de la série d’apparitions qui le dévoilent. Mais l’être n’est ni une qualité de l’objet saisissable parmi d’autres, ni un sens de l’objet.

Sartre, L’être et le néant, [II Le phénomène d’être et l’être du phénomène], Tel Gallimard, 1943, page 15.

« On peut toujours fixer une essence que [des qualités] impliquent », par exemple la surface de la couleur, la particularité de l’odeur, la généralité de l’élément, etc. Leur tout organisé est leur indissociable association mais pas l’inclusion. L’essence est le sens de l’objet comme le x est celui de Á(x) : si l’objet est coloré, c’est en réalité sa surface qui l’est. Selon le schéma de la correspondance, on ne peut pas dire que l’essence est dans l’objet. L’essence soutient l’objet comme l’élément en facteur d’un développement polynomial. Mais l’être n’est ni une couleur, ni une surface, il n’est pas le sens de l’objet saisissable banal, existant et phénomène, car l’être est l’être d’une conscience. L’essence est le sens et l’être la cause des phénomènes d’être : ennui, dégoût, nausée, fierté d’intégration, etc. L’être n’est donc ni un substrat sensible susceptible de nous induire en erreur, un rectangle, deux ronds l’un dans l’autre, ni un objet logique. L’objet renvoie à l’essence comme à une signification, il ne renvoie pas à l’être – le phénomène d’être renvoie à l’être. L’être ne se trouve qu’à condition de conscience : chez l’humain, chez certains animaux. L’être est une tension de conscience, par exemple autant une présence qu’une absence qui suscitent crainte ou joie. Car « il serait vain de s’adresser à l’objet pour appréhender son être. »

La signification de l’existence, en destination de la fonction de conscience, c’est par exemple la nausée, le dégoût, l’ennui. Donc, l’existence, ce n’est pas la nausée, le dégoût, l’ennui, qui en sont des manifestations, mais la tension qui constitue leur cause. Or, l’être et le phénomène sont de « même nature » : l’être est la réduction phénoménologique des phénomènes de conscience, et il y a toujours l’être devant la réalité humaine (page 15). L’existence-tension s’applique à tout élément-source : la présence de A peut toujours être néantisée en absence possible ou en altérité effective ou possible. Car la disjonction est une essence purement intelligible, ajoutée si absente afin qu’il y ait alternative et possible tension, à laquelle la tension s’ajoute pour en faire une existence. Car l’être auquel nous avons accès par concept est la disjonction sur laquelle accommoder : le symétrique, le non-A, le complément à l’ensemble. Dirons-nous, la disjonction est la preuve ontologique de l’être-existence qui accommode en tension et produit la nausée, elle est son substrat inhérent, concomitant. La disjonction est un possible qui détermine le réel – et non un réel qui détermine des possibles. L’existence a un lieu, le même que celui de l’essence, la source ou le sens, pas de contenu, et s’applique à l’essence logique.

L’être est l’existence pleine d’une tension impersonnelle et préréflexive à l’occasion des objets logiques, due notamment à l’accommodement entre alternatives intelligibles : entre disjonctions, par exemple canard-lapin. Entre chose et fond par exemple lorsqu’on cherche quelqu’un dans une foule ; entre la tasse et par exemple l’assiette ou moi qu’elle n’est pas. L’objet logique de l’être est cette disjonction alternative à laquelle s’applique la néantisation qui soutient la tension d’être ; et l’être produit ses phénomènes existentiels. En termes heideggérien : il faut du temps à l’humain soucieux pour accommoder une alternative logique impersonnelle : une durée et une tension (un continu et un divisible). Cette possibilité d’alternative et de tension en source est le lieu de l’être (Da Sein). L’alternative sans tension est une connaissance idéaliste sans l’expérience de la temporalité qui est tension, fondamentalement c’est-à-dire dans toutes les alternatives vues dans un rapport interne au sujet et externe entre sujet-source et objets manifestés. L’existence est ce trouble complexe tendu entre alternatives, le mélange d’être et d’essence.

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Publié par DéfiTexte - dans Sartre
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