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  • Auteurs étudiés en ce moment : Frege, Ecrits logiques et philosophiques ; Husserl, Recherches logiques ; Wittgenstein, Remarques philosophiques ; Aristote, Métaphysique.

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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 18:44

Les Recherches logiques tracent une progression de la pensée de Husserl. Nous lisons, Recherches logiques, [Préface de la seconde édition], Tome premier, Traduction d'H. Elie, PUF page XI : « Dès [l’impression des Recherches logiques] terminée, je poursuivis mes travaux. J’essayais de me rendre plus parfaitement compte du sens, de la méthode, de la portée philosophique de la phénoménologie […] ». Voilà que Husserl inaugure une tendance depuis la mécanisation et la production de masse de la plupart des objets : imprimer vite un livre au fur et à mesure des recherches avant de savoir in fine ce que l’on voulait dire dans son ensemble. C’est ainsi qu’il y a trop de livres et du délayage en attendant « les dernières sources » (page XIII).

Or, proposer au lecteur un processus vient logiquement immédiatement en contradiction avec la critique de Husserl du processus. Et proposer un processus rend l’auteur incapable de proposer une synthèse avant son œuvre suivante, ne connaissant pas lui-même davantage que son lecteur, à l’instant, la fin de son histoire, ni son plan d’ensemble, ni ses définitions abouties, ni toutes les conséquences de ses distinctions !

Husserl propose une suite numérotée de recherches (1). Ainsi, (sans dire que Frege l’a converti), 1) Husserl critique la psychologie, 2) il entend « processus » ou « mécanisme de pensée » lorsqu’il écrit « psychologie », 3) donc, il faut lire la phrase (1) ci-dessus ainsi : Husserl propose une psychologie, au moment même où il critique la psychologie : « [que l’immédiat] ne se perde pas dans des explications […] » (page XII - XIII). La forme d’une recherche par étape ne peut qu’être partielle : pour Husserl depuis Frege, seuls les résultats comptent, mais « les choses intuitionnées et saisies immédiatement » (page XII en bas), compte tenu de la possibilité de « réimprimer mécaniquement » (page XIII)… L’étape serait l’objet logique du mouvement, du temps, du processus, de son travail même.

Donc, critique à l’encontre de Husserl : il emploie un mot pour un autre au moment du concept ; ainsi, le lecteur emploie son effort à traduire et interpréter le mot proposé avant de pouvoir voir les significations et leurs exemples concrets. Comme si un effort de traduction du sens d’un mot donnait à voir du même coup sa signification ! Comme si l’importance du travail de reconstitution du sens reflétait l’importance de la signification donnée.

Comme premier indice de la nécessité de traduire « psychologie » par « processus », voici la contraction d’une citation de la Préface de la première édition des Recherches logiques, page VIII : « J’étais parti de la conviction dominante que c’est de la psychologie que la logique de la science déductive, comme la logique générale, doit attendre son élucidation philosophique. Là où il s’agissait de la question de l’origine des représentations ou du façonnement des méthodes pratiques, les résultats de l’analyse psychologique me paraissaient clairs et riches en enseignements. Mais dès qu’on passait des enchaînements à l’unité logique du contenu de la pensée, aucune continuité ni clarté véritable n’apparaissaient. »

Ainsi, la psychologie traite de l’origine, du façonnement, des enchainements, des capacités, mais pas de la clarté véritable d’un contenu de pensée achevée. En effet, la vérité mathématique ou logique ne peut pas dépendre d’un processus heuristique ou empirique ou des « activités et états psychiques » (p.XVI).

La psychologie au sens de mécanique et de processus, c’est aussi bien Kant ou Hegel…

**

Résumé de l’introduction aux Prolégomènes à la logique pure : en son état, notre science ne permet pas de faire le départ entre une conviction individuelle et une vérité valable pour tous (p.2) : car l’intention est individuelle tandis que la méthode de la visée est universelle. Ce départ dépend de l’ensemble objectivement fermé de son domaine, comme par exemple la science du domaine animal ou du lion (p.3) et dépend du mélange des genres entre éléments. Sinon, si les « niveaux logiques différents » ne sont pas adéquats, une théorie aura « les plus étranges déguisements » et des arguments principaux peuvent sembler secondaires à tort (p.4). L’enjeu de la question de la limite des sphères est plus important en logique que pour la science expérimentale de la nature extérieure où les compartiments nous sont imposés. Husserl cite Kant : « il n’y a pas augmentation mais déformation des sciences quand on fait chevaucher leurs frontières » (p.5). Ce résumé nous donne un indice qui alerte notre attention : la logique de Husserl pense les ensembles (alors qu’il procède par parties). Le prochain post sur la définition de la science précise cela.

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Publié par DéfiTexte - dans Husserl
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