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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 08:24

Aristote, Métaphysique, Chapitre IV, suite.

Après l’élément, le même raisonnement considère l’ensemble.

§13 1007a Le raisonnement est le même si l’on dit que le mot en question est Non-homme. Car être Homme et être Non-homme sont des expressions différentes, aussi évidemment qu’être blanc est tout autre chose qu’être Homme. Mais en ceci, l’opposition est beaucoup plus forte, de façon que le sens est encore plus différent.

Car Homme correspond à un ensemble tandis que blanc est un attribut singulier c’est-à-dire un élément. Être blanc est tout autre chose qu’être Homme, pas seulement autre chose mais tout autre chose, car l’opposition entre élément et ensemble y est beaucoup plus forte et le sens au départ plus différent qu’entre ensembles Homme et Non-homme. Mais aussi évidente car autant logique pour la vision des essences par l’esprit (des schémas sous-jacents).

« Mais, si l’on [5] va jusqu’à soutenir que le blanc et l’individu qui est blanc sont une seule et même chose, nous répondrons [...] que tout alors sans exception se confond en une seule unité, et que ce ne sont même plus seulement les opposés qui se confondent ainsi ». Car alors on confond l’ensemble et l’individu, « le blanc et l’individu qui est blanc ». L’enjeu du schéma est de voir la différence entre l’individu et l’ensemble sans quoi « tout » se confond c’est-à-dire dans l’ensemble. Une nouvelle confusion s’ajoute : ce ne sont plus seulement les ensembles opposés qui confondent contradiction et négation. Si l’on ne conçoit pas les ensembles on en reste à l’élément et dans ce cas il est impossible d’éviter la confusion du blanc et de l’individu qui est blanc. Car alors on en reste à l’opposition entre mots (ou choses, c’est pareil pour le logos) sans s’en extraire logiquement c’est-à-dire sans extraire l’objet logique {ensemble} et réduire le problème. « Nous répondrons, en répétant ce que nous avons déjà dit, à savoir que tout alors sans exception se confond en une seule unité » : que tout ensemble se confond avec l’élément.

§14 « Mais, comme cela ne se peut pas » : on ne peut absolument pas confonde l’élément et l’ensemble que l’élément ouvre par le fait même si l’on regarde les choses plutôt que les noms. Tandis que si l’on considère les signes qui dénotent, la sonorité s’introduit dans le silence alentour comme une graphie ouvre aussi le non-être culturel autour.

« À une interrogation simple et absolue, si l’on répond en ajoutant tout ce qui n’est pas l’objet dont il s’agit, ce n’est plus là répondre [10] à la question ». Car à une question élémentaire et sans la limite d’un ensemble acceptable, d’un domaine de définition de considérations acceptables, toute réponse synthétique interceptant ce qui n’est pas dans la question apparait incongrue. À une question simple il convient de répondre par un attribut et, simple dans l’absolu, par un ensemble. Par exemple, qui est blanc ? – Socrate, s’il s’agit d’un homme de la Grèce antique. Si l’on répond à une question par n’importe quoi « rien n’empêche que l’être ne soit tout ensemble homme, blanc, et mille choses de ce genre [10] » : être à la fois ensemble {homme} et élément {blanc}, ce qui est absurde.

« Mais, quand on vous demande s’il est vrai que telle chose spéciale soit ou ne soit pas Homme » il convient, parce qu’il s’agit de vérité donc d’ensembles, de répondre par un prédicat qui dénote un ensemble plutôt que par des accidents. « Un terme qui indique une seule chose » : un ensemble n’indique jamais qu’une chose à partir du multiple, les attributs étant potentiellement en nombre infini. « Or, il faut, ou s’occuper de tous sans exception, ou ne s’occuper d’aucun » : s’occuper des ensembles.

§15 « Il n’est pas possible d’énumérer tout au long, dans la réponse qu’on fait, tout ce que l’homme est ou n’est pas » car si on répond par une négation, on répond à côté, par le non-être du complément à l’ensemble, et on tombe dans l’absurde si l’on cherche à répondre « en même temps » ce qui « est ou n’est pas ». Et dans l’affirmation, les éléments possibles sont « innombrables » donc la réponse trop longue. « Tout au long » : dans un processus sans acte ou dans la disjonction infinie pour reprendre l’expression de Wittgenstein qui signifie néantiser. Si la réponse est affirmative et trop longue, sans terminaison, « il n’y a plus moyen de discuter [20] » car le logos est formé autant de continus que de divisibles.

§16 « Dans ce système, tout se réduit nécessairement à de purs accidents » : car sans ensemble il n’y a plus que des éléments donc des accidents. Or homme est l’universel pour Socrate qui subsiste ainsi quelles que soient ses vicissitudes. « Soutenir de tels principes, c’est complètement détruire la substance ; c’est détruire ce qui fait qu’elle est ce qu’elle est » : un substrat, un support en toile de fond, nécessairement un ensemble. Car la substance est le contenant ultime, l’universel qui fait que l’être en tant qu’être est et qui tient les accidents matériels. Ainsi « la réalité de l’homme et celle de l’animal cessent d’être et disparaissent également » car la réalité est ce type d’ensemble englobant qui subsiste. Car comment comprendre que Socrate est réel s’il n’est pas homme ou humain ? Où l’on voit un réalisme logique.

« Car, si l’homme est quelque chose de réel », un ensemble, « il n’est pas possible que ce quelque chose soit le Non-homme, ou qu’il ne soit pas l’homme ; [25] et ce sont là cependant les seules négations possibles de l’homme. » Car si homme est un ensemble A (« est » signifie correspond ou dénote), il n’est pas possible que cet ensemble se confonde ni avec son contradictoire B=non-A ni avec son complément à l’ensemble : d’autres ensembles B, C ou D. Or contradictoire et négation sont les seules oppositions possibles.

§17 L’ensemble est « un et individuel ; et c’était bien là exprimer l’essence d’un certain être » : elle « ne peut pas être autre chose que ce qu’elle est » comme il vient d’être dit. C’est l’ensemble qui affirme la réalité, l’intelligible qui affirme la chose. Ceux qui nient les ensembles affirment qu’il « [30] ne peut jamais y avoir une définition essentielle de quoi que ce soit, mais qu’il n’y a que des accidents et des attributs » : qu’il n’y aurait ni généralité ni particularité ni intersection entre elles.

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Publié par DéfiTexte - dans Aristote
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