Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le défi des textes de philosophie et de leurs commentaires
  • Le défi des textes de philosophie et de leurs commentaires
  • : Promouvoir le caractère vérifiable de ce qui peut être dit
  • Contact

Profil

  • DéfiTexte
  • Auteurs étudiés en ce moment : Frege, Ecrits logiques et philosophiques ; Husserl, Recherches logiques ; Wittgenstein, Remarques philosophiques ; Aristote, Métaphysique.

Recherche

Archives

30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 19:26

Le chapitre V traite des applications externes.

47. […] il n’y a pas de contre-forme opposée à la forme de notre monde.

Wittgenstein, Remarques philosophiques, [Recension des matières V], Tel Gallimard, 1975, page 18.

Rien ne nous choque tant que nous ne croisons pas un espace externe ; par exemple l’état du ciel et de notre santé : « comment allez-vous ? Il fait beau » – à moins que notre santé soit liée à l’état du ciel. Car il n’y a pas de contre-forme c'est-à-dire d’opposé à une forme qui n’ait une forme, pas d’espace opposé qui ne soit un espace, pas de monde qui ne soit notre monde.

La vie n’est pas une application d’une époque sur une autre, du Moyen-âge sur la Renaissance mais la composition interne d’une époque sur elle-même, sinon nous serions choqués.

47. Rien ne nous frappe lorsque nous regardons autour de nous, nous déplaçons dans l’espace autour de nous, sentons notre propre corps, etc. […]

Autour de nous, il y a un même espace, notre corps fait partie de ce même monde : nous ne croisons jamais d’arrière monde ni d’au-delà. Si le monde n’allait pas de soi, il irait par le fait d’un autre monde : le monde c'est-à-dire « le langage n’a que lui et ne peut avoir que lui pour référence. »

**

L’espace croise des degrés ou des extrêmes, il croise des processus ou des terminaisons. Et le vrai ne concerne pas la puissance mais l’acte au moment où il se termine. Ainsi, ceci est rouge si rouge est l’apparaître et non pas l’apparaissant non encore établi.

48. Le courant de la vie, ou le courant du monde, s’écoule et nos propositions ne se vérifient que dans l’instant. Alors elles sont commensurables au présent.

Ibidem

La fonction est l’indice du présent car le présent est le croisement analytique : enfant Ä étude, adulte Ä travail, etc. La vie c'est-à-dire les divers processus du monde se place en abscisse ou en ordonnée et nos vérifications se font aux croisements des espaces, en des points de terminaison. Par exemple, le processus de santé et de répression se croisent et se rencontrent au présent (missions sociales), les flots de piétons et de voitures (société et technique), etc. La vérité n’est plus le développement d’un flux divin comme chez Hegel mais le croisement des flux complexes.

49. Peut-être toute la difficulté provient-elle du transfert du concept de temps issu du temps de la physique à l’expérience vécue immédiatement dans son déroulement. Nous ne parlons pas de représentations passées, présentes et futures.

Ibidem

Le temps de la physique est continu, celui de l’histoire est discontinu. A cause de l’influence physique, nous voyons des continuités alors que l’expérience vécue est faite de ruptures. L’oxymore « immédiatement dans son déroulement » signifie que la courbe du déroulement est faite des points au présent : la courbe d’une fonction présente le temps au présent.

Lorsque nous parlons, nous croisons : source et image, sujet et complément, domaines de définition. Logiquement, nous produisons un espace présent, plus exactement un espace indépendant du temps qui rend compte du temps : qui croise des processus et des terminaisons, du divisible et du continu.

Ainsi :

50. « Je ne vois pas le passé, mais seulement une image du passé. »

Ibidem

Je vois au présent entre les abscisses et les ordonnées la courbe des transformés Á(x) du déroulement des points depuis le passé. Ainsi, « je sais que c’est une image du passé » parce que l’ensemble des croisements forment une courbe. On pourrait ajouter : une courbe de la forme ax² + b s’il y a accélération, si l’expérience considérée ne part pas d’une origine zéro. Je pourrais même imaginer une tendance…

51. Ainsi y a-t-il sur le film une image présente et des images passées et futures ; mais sur l’écran il n’y a que le présent.

Ibidem

La bobine contient toutes les images du film qui se déroule dans le temps… mais sur l’écran, la projection est toujours au présent. Il y a projection d’un divisible sur un continu, quelque soit le montage.

52. On ne peut pas dire : « Le temps coule » si par « temps » on entend la possibilité de changement. – […]

Ibidem

Si le temps est fait d’une bobine de film, d’une suite d’images statiques successives, le temps est un divisible saccadé qui ne coule pas. Le changement succède, il ne coule pas en continu.

Partager cet article

Repost 0
Publié par DéfiTexte - dans Wittgenstein
commenter cet article

commentaires