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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 18:43

Nous avons vu que les ensembles s’emboîtent : ils s’incluent selon une architectonique.

[…] aussi, comme nous l’avons dit précédemment, juge-t-on d’ordinaire l’homme d’expérience supérieur à l’homme qui a simplement une sensation quelconque, l’homme d’art supérieur à l’homme d’expérience, l’architecte au manœuvre, et les sciences théoriques aux sciences pratiques.

Aristote, La Métaphysique, [Livre A], 981 b 25, Edition Vrin, 1981, traduction J. Tricot page 11.

« Précédemment » signifie 981 a 24 et suivant ibid. p.6.

Nous avions vu dans un billet précédent une partie d’une citation ibid. p.6 qui se complète ainsi : « La cause [du succès] est que l’expérience est une connaissance de l’individuel, et l’art, de l’universel. Or, toute pratique et toute production portent sur l’individuel […] ». L’individuel, c’est la pratique du manœuvre ; l’universel, c’est la théorie de l’architecte. Car la science de cette pratique des éléments, au-dessus de la manipulation, c’est la théorie universelle de l’architecte. Donc ici, l’art est la science universelle des accidents plutôt que la science de l’essence. Nous avons trois ensembles : {éléments sensibles}, {expérience manœuvre, pratique des individualités}, {art de l’architecte théorique universel}. Et un système d’inclusion : l’expérience englobe les expériences sensibles, l’art englobe l’expérience.

Ibid. p.6. « Si donc on possède la notion sans l’expérience, et que, connaissant l’universel, on ignore l’individuel qui y est contenu, on commettra souvent des erreurs de traitement […] ». Car la sagesse de l’équilibre consiste à tenir à la fois l’art et l’expérience. L’expérience sans la notion est vide, inintelligible ; et l’universel sans l’intermédiaire de l’expérience est vide : tous deux vides « de ce qui est contenu ». Comme est vide chez Kant une explication sans intuition.

Ibid. p.7. « Le savoir et la faculté de comprendre appartiennent plutôt à l’art qu’à l’expérience » : l’art connait la cause, l’expérience connait que la chose est, le sensible sans âme se meut par automouvement « à la façon que le feu brûle » ou par habitude pour un manœuvre.

Chez Aristote, la hiérarchie est économiquement associée au subalterne comme l’élément et l’ensemble sont associés. L’expérience est l’intermédiaire entre intelligible et sensible. Il n’y a pas de métier associé aux sensations : la sensation est passive. Si l’art est associé à l’universel, l’expérience au particulier, le sensible sera associé à « quelques-uns » : au partiel.

Où l’on voit qu’un commentaire s’appuie sur un schéma, sur un texte mis en tableau.

Rapprochement

Ibid. p.7 : « les chefs sont plus sages parce qu’ils possèdent la théorie et connaissent les causes » (des images à transmettre). Ibid. p.8. Les sensations « nous disent le pourquoi de rien » : elles n’incluent rien car l’inclusion est toujours au-dessus, elles constatent, adhèrent. Se dégager des sensations excite l’admiration du supérieur, de la sagesse. Ibid. p.12. Le sage « possède la connaissance de toutes les choses » : en équilibre, et « les choses difficiles et malaisément accessibles à la connaissance humaine ». La chose sensible étant facile d’accès « n’a rien à voir avec la sagesse » : troisième terme hors d’une balance en équilibre. Ibid. p.13 : la sagesse vise les choses pour elles-mêmes et non pour ses résultats sensibles. Comme pour Platon, le sage est « dominateur », roi non-subordonné, car il voit l’ensemble c'est-à-dire ce qui est au-dessus ; et comme pour Husserl, il donne les lois. Ibid. p.14 : connaitre les touts de cette manière, c’est connaitre l’universel, « tous les cas particuliers qui tombent sous l’universel », ce qui est le plus éloigné du sensible, plus abstrait, plus exact (eidétique). Ibid. p.15 : différencier la cause et l’effet est une affaire d’image de l’esprit : vue du bien et de la finalité.

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Publié par DéfiTexte - dans Aristote
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