Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le défi des textes de philosophie et de leurs commentaires
  • Le défi des textes de philosophie et de leurs commentaires
  • : Promouvoir le caractère vérifiable de ce qui peut être dit
  • Contact

Profil

  • DéfiTexte
  • Auteurs étudiés en ce moment : Frege, Ecrits logiques et philosophiques ; Husserl, Recherches logiques ; Wittgenstein, Remarques philosophiques ; Aristote, Métaphysique.

Recherche

Archives

22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 10:55

En somme, ce que l’on saisit  comme sens de la proposition interrogative avant même d’avoir répondu – et cela seul peut être véritablement appelé le sens de la proposition interrogative – ne pourrait pas être une pensée, si l’on admet que l’être de la pensée gît dans son être vrai.

Frege, Écrits logiques et philosophiques, [Recherches logiques], 2. La négation, Seuil Points Essais page 196.

Définitions

Le sens véritable est le lieu logique précédant la réponse, l’être vrai distinct du contenu pensé, une place vide tendue vers un contenu. Le sens n’est pas exactement la source de la fonction mais la variable qui prend les réponses.

« L’être de la pensée » : son contenu, ce qu’elle est.
« L’être vrai » : le lieu qui attend le contenu pour le contenir.
La réponse : le remplacement du vide par le plein, un dépôt dans un support, l’hypostase venant à une place, le pluriel sous l’unité d’une seule nature. Naturellement, avant de répondre on sent que l’on peut répondre : qu’un lieu s’ouvre, que la structure est prête.

Distinction

On admet que le contenu gît dans le lieu : qu’un contenu n’est pas un lieu. Une pensée peut être une réponse, un contenu, mais ne peut pas être un être vrai, un lieu.

Arguments

Une question est de la forme « (…) est B » où la place vide tient le contenu attendu : l’attente d’une réponse sature ce lieu avant qu’il soit rempli par la réponse, « avant même d’avoir répondu ». Car le lieu logique de la réponse est connu par la tension de l’attente d’une réponse, par le suspens avant le contenu.

Le sujet ou le prédicat tout seul est une pensée dans un lieu. La réponse à une question est une pensée c’est-à-dire un mot ou groupe de mots sujet si elle occupe la structure « lieu du sens » (l’être vrai). Elle remplit la place du sujet laissée vide par la question : sa sécrétion vient s’allonger dans son sens à même le sol. Le véritable sens de la proposition interrogative est sa possibilité formelle et non un contenu de connaissance qui tient à des capacités.

Problème

Une question est perçue telle par le hiatus esthétique entre sensible et intelligible. On se pose une question quand quelque chose ne va pas. Une question ne tient ni au style ou ordre des mots, ni à une ponctuation : ni à la syntaxe, ni à la sémantique, mais à un manque dans la forme propositionnelle du jugement.

Enjeu

Sans la sensibilité à l’intelligible, aux lieux logiques, on ne repèrerait pas les questions sans qu’elles soient au préalable soulignées pas une sémantique ou ponctuation contingente : dans un texte à l’apparence banale. On ne ressentirait pas ce qu’est le manque spirituel : il y a laïcisation du sentiment divin dans ce traitement logique de la question.

Argument

Une réponse ne peut pas être vraie sans être associée à son prédicat car sans correspondance, point d’adéquation ni d’inclusion du sujet dans une généralité : une pensée ne peut pas être vraie s’il n’y a pas de correspondance entre des lieux logiques, entre être et être vrai.

Exemple

La réponse est « Napoléon » à la question « qui est le vainqueur à Iéna ? » Mais « Napoléon » ne peut pas être vrai sans l’étude de la correspondance avec « vainqueur » : s’il n’est pas sujet à la place de « qui ? », s’il ne peut pas habiter l’être vrai.

La vérité est un passage du processus à l’acte. Par exemple, « 7 est premier » : selon le vocabulaire de Frege, « l’être de la pensée » (le contenu qu’elle est) dissimule son temps de production, le travail d’un calcul de division, alors que « l’être vrai » (le lieu qui l’attend) est immédiat.

Rapprochement

Ibidem p.197 : « Non. L’être vrai ne peut pas appartenir au sens d’une proposition interrogative. […] Le contenu de la question est cela que l’on offre au jugement. » Car le lieu n’appartient pas à un contenu offert dans un jugement. Ibid. : « Et comme le sens d’une proposition interrogative passe dans la proposition affirmative où la réponse est donnée, il faut reconduire cette distinction au sein de la proposition affirmative. » Ibid. : « le sens d’une proposition interrogative : c’est ce que j’appelle pensée. » Ibid. p.200 : « Il doit être possible de nier une proposition fausse et, pour ce faire, j’ai besoin d’elle. » Ibid. p.201 : « Le jugement ne peut en rien modifier la constitution de la pensée. »

Partager cet article

Repost 0
Publié par DéfiTexte - dans Frege
commenter cet article

commentaires