Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le défi des textes de philosophie et de leurs commentaires
  • Le défi des textes de philosophie et de leurs commentaires
  • : Promouvoir le caractère vérifiable de ce qui peut être dit
  • Contact

Profil

  • DéfiTexte
  • Auteurs étudiés en ce moment : Frege, Ecrits logiques et philosophiques ; Husserl, Recherches logiques ; Wittgenstein, Remarques philosophiques ; Aristote, Métaphysique.

Recherche

Archives

6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 18:10

Réécrit le 30/08/12

Ce passage qui problématise le style est sans doute difficile.

On peut substituer une subordonnée à l’autre sans nuire à la vérité. La principale et la subordonnée prises ensemble ont pour sens une unique pensée et la vérité du tout n’implique ni la vérité ni la fausseté de la subordonnée. Dans de tels exemples, il n’est pas permis de remplacer une expression figurant dans la subordonnée par une autre ayant même dénotation habituelle ; on peut seulement lui substituer une expression ayant même dénotation indirecte, c'est-à-dire le même sens habituel.

Frege, Écrits logiques et philosophiques, [Sens et dénotation], Seuil Points Essais page 113.

Arguments

 « Sans nuire à la vérité » : parler sans rien dire.

« La principale et la subordonnée prises ensemble ont pour sens une unique pensée et la vérité du tout n’implique ni la vérité ni la fausseté de la subordonnée » : tout et parties dépendent d’un unique sens et la généralité que l’on dit du tout n’engage en rien les parties constituant le sens et dont la vérité dépend.

Arguments

Dans l’exemple « la pensée que 5 est un nombre premier est vraie », le style G[F(x)] compose principale G[X] et subordonnée F(x)=X : est[est(5)=un nombre premier)=vrai] de la forme est(X)=vrai où la vérité dépend de X « une unique pensée ». Cette simplification par la forme montre que « on peut substituer une subordonnée à l’autre sans nuire à la vérité », sans rien dire en fait : « 5 est nombre premier » et « penser que X », cela n’ajoute rien.

Mais réciproquement, « la vérité du tout », la généralité « est(X)=vrai », ne dit rien du cas particulier X : ce qui compte pour le tout est le cas particulier car le cas général « n’implique ni la vérité ni la fausseté » du cas particulier.

Il n’est pas permis de remplacer une expression X figurant dans la subordonnée par une autre ayant même dénotation habituelle : ayant même valeur de vérité. On peut seulement lui substituer une expression développée ayant même dénotation indirecte, c'est-à-dire le même sens habituel : le même sens au départ. Car la valeur de vérité dépend du détail du sens : du développement essentiel au départ. Il est seulement permis de remplacer X par son développement – et de ne considérer que lui.

Exemple

C croit X et C croit Y ; la valeur de vérité de chacune de ces propositions générales ne dépend ni de X ni de Y car la généralité « croit (C) = Z » est vraie quel que soit Z : C croit effectivement quelque chose, n’importe quoi. Donc la vérité de la généralité n’implique ni la vérité ni la fausseté de la subordonnée X ou Y. Et cette généralité a pour sens une pensée particulière contenue entre crochets d’une expression de vérité. Ainsi, on peut substituer une subordonnée X à Y sans nuire à la vérité. La vérité concerne seulement les cas particuliers X et Y, pas les généralités.

Distinction

On distingue composition et complexité comme imbrication et juxtaposition : « est [croit (C) = Z] = vrai » est une composition ; « C croit que X » est une juxtaposition de contenus, le principal C et le subordonné X.

Exemple

« La pensée que 5 est premier est vraie » s’écrit « est [est(5)=premier] = vrai » : c’est une composition ; « la pensée que X » est une pensée sans dénotation donc sans valeur de vérité ; « 5 est premier » ou « 7 est premier » sont substituables pour la vérité ; « la pensée que X » est une juxtaposition de la principale « on pense X » et de la subordonnée « que 5 ou 7 est premier ».

Rapprochement

« Que » vaut ici le tiret dans l’expression de Russell « sens-data » et la parenthèse vaut dans la notation mathématique.

Problème

L’analyse grammaticale et l’analyse logique ne donnent pas les mêmes résultats : le langage courant relie des subordinations grammaticales qui sont logiquement indépendantes.

Enjeu

Sans analyse logique d’une phrase grammaticalement correcte, le sens et la signification des phrases ne sont pas connues.

Argument

Il n’est pas permis de substituer « cela » à « 5 » ou à « premier » apparaissant dans une subordonnée où « cela » est la dénotation habituelle c'est-à-dire le X appartenant à la proposition principale de l’expression « C pense que cela ». Mais on peut seulement remplacer la dénotation principale « cela » par « 5 ou 7 est premier » qui est une dénotation indirecte car subordonnée, c'est-à-dire ayant le même sens que pour la proposition principale. Car les éléments subordonnés sont sensibles à l’élément principal mais l’élément principal est insensible aux éléments généraux.

Rapprochement

Ibidem p.112 « au style direct, une proposition dénote derechef une proposition ; au style indirect, elle dénote une pensée » c'est-à-dire au style indirect avec « que », un contenu complexe plutôt que composé.

Les parties de la pensée peuvent être substituées : « la dénotation ne retient rien de la singularité des propositions » ; « juger, c’est distinguer les parties au sein de la valeur de vérité » ; « chaque sens est une certaine manière de diviser la valeur de vérité » (Ibidem p.111).

Partager cet article

Repost 0
Publié par DéfiTexte - dans Frege
commenter cet article

commentaires