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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 17:49

Réécrit le 30/08/12

Le monde des idées pour Platon et pour Frege est un autre monde, une représentation pour l’un, une dénotation pour l’autre. Mais pourquoi, pour l’un et pour l’autre, considérer cet autre monde ?

On pourrait être tenté de voir dans le rapport de la pensée au vrai, non pas celui du sens à la dénotation, mais celui du sujet au prédicat. On pourrait dire à cet effet « la pensée que 5 est un nombre premier est vraie ». À regarder la chose de plus près, il apparaît qu’on n’a en fait rien dit de plus que dans la proposition « 5 est un nombre premier ». Dans les deux cas, l’affirmation de la vérité réside dans la forme de la proposition affirmative. Par suite, pour peu que l’affirmation n’ait pas sa force habituelle, par exemple dans la bouche d’un acteur sur scène, la proposition « la pensée que 5 est un nombre premier est vraie » ne contient jamais qu’une pensée, la même que le simple énoncé « 5 est un nombre premier ». Il faut donc admettre que le rapport de la pensée au vrai ne peut être comparé à celui du sujet au prédicat. Sujet et prédicat (pris au sens logique) sont bien les parties d’une pensée ; mais pour la connaissance, ils sont situés au même niveau. En réunissant un sujet et un prédicat on produit une pensée, mais on ne passe nullement d’un sens à sa dénotation ni d’une pensée à sa valeur de vérité.

Frege, Écrits logiques et philosophiques, [Sens et dénotation], Seuil Points Essais page 110.

Argument

Lorsqu’on considère les rapports entre sujets et prédicats on entre dans des considérations de style. Ainsi la complication « la pensée que 5 est un nombre premier est vraie » se réduit à la dénotation de 5 à nombre premier. Le sens et la dénotation se joue dans un jugement, pas dans une pensée compliquée. Le rapport d’une pensée à sa valeur de vérité est celui du sens à sa dénotation.

Définition

La pensée est la production d’un signe (« nom, groupe de mots, caractères ») ; par exemple « Napoléon » ou « le vainqueur d’Iéna » faite avec un ou plusieurs atomes. Un jugement articule des pensées ou bien des parties de pensées ; par exemple, « cinq est premier » et « vrai », ou encore « cinq » et « premier ».

Problème

Le vrai est soit l’adéquation du sujet au prédicat soit du sens à sa dénotation. Dans un cas on parle sans rien dire, dans l’autre on réduit la parole au minimum à dire.

Arguments

Si [5 est un nombre premier]=X, la dénotation que X est vrai n’ajoute rien à la pensée X et « la pensée que X » se réduit au jugement X. « Vrai » n’ajoute rien à la pensée « cinq est premier » : le jugement « X est vrai » se réduit à la pensée X. Mais si 5 dénote la règle des nombres premiers, « 5 est premier » est alors un jugement vrai. Donc la pensée composée, compliquée, « que cinq est premier est vrai » est vraie aussi. « Dans les deux cas » la vérité tient autant à l’une ou l’autre des formes affirmatives : autant choisir la plus simple.

Le rapport au vrai ne tient pas à une affaire de style car il tient à la dénotation. Le style ou le ton plus ou moins théâtral des rapports entre sujets et prédicats se simplifie, se réduit à la forme propositionnelle logique c’est-à-dire minima : à un jugement pour la connaissance.

Enjeu

Sans la réduction du style des pensées au sens et à la dénotation du jugement, point de logique : sans dénotation, point de vérité.

Exemple

L’acteur sur la scène émet une pensée sans dénotation : il dit « je suis mort », sans être mort, avec force apparence mais sans force de vérité. Le sujet théâtral est adéquat selon la situation sans dénoter selon la définition : il est mort au théâtre sans être mort en terre. La pensée est criante de vérité mais la dénotation est fausse.

Rapprochement

Ibidem p.108 une pensée est un contenu sensible aux synonymes, une dénotation y est insensible ; p.109 : sans l’exigence du vrai, le sens suffit ; p.111 : la connaissance unit la pensée à sa dénotation « c'est-à-dire la valeur de vérité de la pensée ».

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Publié par DéfiTexte - dans Frege
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