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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 11:21

Nous avons vu que la beauté pose le problème de l’idéal et de l’absolu.

Il s’agit maintenant de caractériser l’absolu de la beauté.

La beauté de l’élément

Argument

Entre la première et la deuxième partie de la Critique du jugement, Kant différencie la finalité du beau et celle d’un système de composition des parties.

Exemple

Kant prend l’exemple suivant : une clairière est belle quand elle évoque une salle de bal ; un référentiel culturel évoqué est la condition objective d’un jugement esthétique.

Kant prend l’exemple suivant : l’herbe et la vache semblent faits l’un pour l’autre ; un système évoqué (une chaîne alimentaire, un équilibre écologique) est la condition objective d’un jugement téléologique.

Problème

Si la beauté est incompatible avec l’évocation d’un système, seuls chaque élément singulier ou une composition en tant qu’un élément « tableau » pourrait évoquer la beauté.

Distinction

L’ensemble se distingue du système : le système montre les éléments et l’organisation technique, l’ensemble est la résultante, l’impression synthétique des éléments, l’image simple de la référence.

Définition

La beauté est la référence esthétique de chaque particularité : le paradoxe pour le surréalisme, l’ambivalence pour Dali, et ainsi de suite tant qu’il y a d’exemples.

Exemple

Je peux me scandaliser que le beau visage de Marianne évoque l’idée de la France ; je peux ne pas être sensible à telle mode ; l’art grec ne satisfait pas l’esprit de tout le monde.

Enjeu

Sans l’universalité, dans la mesure où la beauté est celle de l’élément, l’idée de la beauté se trouve morcelée en plusieurs références, idées ou époques.

Argument

Un tableau est limité par son cadre, son bord ; une musique est sans cadre, totalité qui nous entoure, stéréophonique, mais elle est limitée dans le temps ; une sculpture est limitée par la frontière de sa forme.

La consistance de la beauté

Problème

Le problème du thème de la beauté est de faire voir une particularité absolue, illimitée, néantisant la limite physique des frontières.

Exemple

Un tableau qui captive et fascine une époque, le temps qui s’arrête pendant la musique, les reflets de la matière d’une sculpture, sont des particularités absolues non soumises à l’histoire.

Argument

C’est pour cela que la Joconde au Louvre occupe seule tout un pan de mur.

Définition

Une consistance est un ensemble de multiples éléments tendus ensemble par la passion et l’intelligence : l’ensemble des éléments d’une œuvre, un genre de l’histoire de l’art, un musée.

Argument

L’ensemble « tableau » possède la beauté de la beauté de ses éléments et la beauté de l’intention qui tient ses éléments ; respectivement, la beauté d’un musée ou d’une époque.

Enjeu

Avec seulement l’ensemble ou les éléments, sans la consistance, on ne verrait pas la beauté dans chaque œuvre, école ou époque, comme on verrait le nombre sans l’algèbre.

Argument

La beauté en tant que telle est comme le couple « masse » / « attraction universelle » qui courbe la lumière, selon les termes de la relativité généralisée ; à chaque au-delà : un autre monde.

Définition

La beauté absolue est la consistance d’une singularité qui fonde tout un monde, telle que, quand je la vois, le fond, la limite, le système et les techniques, tout le reste s’estompe comme un non-être au sens de Parménide.

Argument

La beauté absolue d’une singularité consistante forge ce que peut être l’idéal, elle accomplit la finalité sans fin, sa force propre suscite l’évocation, elle est la rupture par soi, par le fait de sa présence, sans que rien d’autre ne la limite.

Exemple

Je vois concrètement la beauté quand je vois, non pas le tableau, mais quand je vois sa personnalité, l’émotion, l’intelligence, son infinie particularité, le remplissage du disque plutôt que le cercle limite.

Argument

La beauté n’est plus le symbole ou l’homothétie qui renvoie à autre chose mais la réalité propre des forces d’initiatives créatrices, provoquant les sentiments du beau : totalement rupture ou tradition, nouveauté ou intégration.

**

Ces trois brouillons sur le thème de la beauté forment-ils un plan ?

Schématiquement : I) 1. Un cercle rempli 2. Un second cercle (substance) qui englobe le premier 3. Plusieurs de ces cercles (normes) II) Pour un cercle : 1. Intelligible 2. Ruptures intelligibles 3. Mouvements des ruptures III) Après les ruptures (frontières des cercles), leur contenu : 1. Élément particulier = limite 2. Élément absolu = la consistance.

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Publié par DéfiTexte - dans Thèmes
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