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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 15:00

Nous avons vu que la beauté est un idéal, il s’agit maintenant de caractériser cet idéal esthétique.

Le problème de la beauté idéale

Argument

Si le beau correspond à un sentiment esthétique, plaisir ou déplaisir, la beauté qui caractérise le sentiment esthétique ne peut pas se définir par un sentiment.

Définition

L’idéal est le symbolique homothétique à l’objet donné, comme le dirait Platon : un rapport entre deux genres de représentations, sensible et intelligible.

Distinction

Le symbole et le signe renvoient à autre chose que ce qui est vu : le signe renvoie à une signification, le symbole renvoie à un objet de culture qui habite le sentiment intime du goût.

Argument

L’idéal de la beauté est une surdétermination symbolique qui ajoute un surplus d’exigence culturel à la perception.

Exemple

Le symbole de Marianne renvoie à la France, telle actrice de cinéma à une mode, Praxitèle à la copie de la nature.

Faire le beau, c’est jouer avec soi-même sans idéal, symbole du stupide…

Enjeu

Sans idéal symbolique substantiel, point de beauté en référence esthétique, point de renvoi symbolique à une supériorité culturelle, et le beau reste un sentiment individuel.

Problème

Le problème du thème de la beauté idéale est qu’il y a autant d’idéaux que de cas particuliers, autant d’idéal de la beauté évoquée que d’œuvre consistante, d’école esthétique, d’époque.

Argument

On ne peut que prendre quelques exemples de la beauté idéale, arbitrairement, pour illustrer, sans jamais atteindre une idée exhaustive.

Caractérisation de la beauté

Problème

Le problème du thème de la beauté est de caractériser l’idéal esthétique par rapport à d’autres idéaux possibles visés : idéal moral, scientifique, philosophique.

Enjeu

Le drame est bien là : découvrir le « dessous des cartes », la caractéristique fondamentale qui est partout en jeu dans l’idéal de la beauté.

Exemple

La morale vise la paix sociale, la mathématique vise la cohérence, la physique vise l’adéquation, la philosophie vise la révélation des choses, la beauté vise la rupture dans la société.

Argument

Chaque rapport à l’idéal de beauté mobilise dans l’histoire un absolu de rupture, de transgression des codes, de nouveauté culturelle.

Exemple

Le déjeuner sur l’herbe de Manet montre des corps, joue sur un idéal de surprise (un corps nu parmi une société habillée), et vise le trouble social comme rupture des codes esthétiques précédents : l’idéal de surprise et de trouble comme absolu de rupture.

Exemple

Picasso montre une femme à la fois de face et de profil : il offre d’avantage que ce que le sensible est capable de donner, il apporte une solution à la limite de la nature : l’idéal de la valeur ajoutée des idées comme absolu de rupture.

Argument

De l’idéal à l’absolu, la beauté passe de cas particuliers à une universalité de rupture : même copier scrupuleusement la nature établit un reflet en rupture, et même le conservatisme est un rapport aux ruptures.

Le problème de la beauté absolue

Argument

L’idéal absolu consiste, non pas à admirer l’idéal de Praxitèle ou Botero, mais à admirer le mouvement entier de l’histoire de l’art : la beauté est l’ensemble des œuvres contenues dans les musées ou les expositions plutôt que telle ou telle œuvre.

Définition

Sensible, idéal, absolu : l’absolu est la référence homothétique à différents idéaux de la beauté chaque fois limités, il est un rapport de représentation de troisième genre.

Définition

L’homothétie c'est-à-dire l’analogie et les proportions est un rapport entre figures et genres (comme entre le nombre et l’algèbre).

Argument

Le beau est le premier genre, la beauté idéale est le second genre, la beauté absolue est le troisième genre, raison universelle supérieure, qui est la rupture.

Enjeu

Sans absolu de beauté, l’idéal du beau reste confronté à l’aveuglement et à l’hostilité de particularismes, de jugements non universels : point de beauté pure mais une beauté mélangée de sentiments individuels arbitraires.

Argument

La beauté est un idéal, et dans l’absolu, elle est un moteur social historique pour nous faire passer les ruptures, nous donner à voir du neuf et du vrai ou les ruptures elles-mêmes.

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Publié par DéfiTexte - dans Thèmes
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