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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 19:26

Nous proposons un brouillon sur le thème de la beauté parce que nous avons besoin, dans la perspective des années qui viennent, de clarifier le rapport entre 1) esthétique (que nous étudierons d’abord au travers d’analyses logiques), 2) ce qui est senti beau et 3) la beauté idéale.

Le beau et la beauté

Distinction

Le beau et la beauté se distinguent comme le remplissant et le rempli : le contenu en tension et le contenu accompli.

Argument

Ce qui est beau (beautiful) donne corps à la beauté (beauty) : le beau est remplissant, il correspond à une action d’évocation ; la beauté est remplie, elle correspond à un acte accompli.

Définition

La beauté est le substantif d’un genre esthétique : l’acte qui est passé d’un sensible beau à un intelligible idéal.

Exemple

Par exemple, le beau visage féminin de Marianne incarne la France, telle actrice de cinéma incarne l’éternel féminin, l’école de Praxitèle incarne l’idéal de la beauté grecque.

Enjeu

Sans beauté en référence, il y aurait un remplissement enthousiaste de sentiment sans mesure, sans savoir où, quoi ou combien est atteint.

La beauté idéale

Distinction

Le beau et la beauté se distinguent comme le sujet et la substance chez Aristote : le beau est la matière qui se détache de la beauté comme substance en référence.

Argument

Le beau accède à la beauté comme le petit au supérieur : l’artiste suscite le sentiment du beau mais institutionnalise la beauté d’une référence à condition de consistance.

La beauté du geste, c’est le geste dans les normes : gratuité morale, technique sportive.

Exemple

Par exemple, la couleur chez Cézanne flotte à côté de l’objet représenté : l’innovation du style devient une beauté sans évoquer apriori la beauté d’une école antérieure.

L’homme ou le chien qui fait le beau, sans accéder à une personnalité, ne se tient que momentanément de manière convenable en société…

Argument

Le beau et la beauté sont autant l’un que l’autre ressentis subjectivement : l’ambiguïté d’un sourire dans un tableau particulier, ou bien toute une époque, une manière, un style.

Problème

Le beau et la beauté, c’est le conflit esthétique entre jugement subjectif personnel et supériorité subjective des juges, contre vents et marrées.

Enjeu

Sans la beauté idéale, l’idéal, c’est soi-même : le subjectif particulier indépendant du subjectif social, référence plus grande que soi.

Argument

L’image de marque, le bon ton convenu, le sentiment de distinction, fournit une idée de la beauté sans sollicitation du goût intime.

La beauté absolue

Argument

Ici, l’idéal de la beauté passe d’une substance éternelle unique à un idéal absolu, logique, conceptuel ; la beauté passe d’une norme en référence idéale à une dialectique absolue des normes.

Définition

La beauté absolue, c’est le mouvement historique des beautés idéales successives, le mouvement complexe de la beauté, chaque étape de la beauté faisant époque.

Argument

L’histoire de l’art coïncide avec l’histoire des transgressions des normes, des idéaux d’antan, que l’art contemporain recherche systématiquement.

La beauté absolue est un développement d’idéaux qui s’affirment, se nient et se dépassent, elle se construit dans l’histoire des ruptures. Chaque belle œuvre en soi s’accomplit pour soi dans la beauté, les beautés idéales sont multiples, et seule l’histoire des idéaux est absolue.

Exemple

L’agacement, la surprise, l’expression des idées, le dépassement des apparences sensibles, sont aussi des valeurs esthétiques.

Problème

La beauté qui focalise sur une référence idéale et sur le sentiment subjectif en rapport reste aveugle et hostile aux mouvements de l’histoire de l’art et aux ressources des sentiments du beau.

Distinction

L’idéal et l’absolu se distinguent comme l’idée de la chose et les idées en perspective, comme l’éternel unique et la force des choses.

Argument

À cause de la force des créateurs, l’absolu de la beauté n’est plus une beauté idéale unique.

Enjeu

Sans le mouvement de l’histoire de l’art c'est-à-dire d’un genre de l’absolu, le seul absolu possible serait encore un idéal « éternel unique », sans place à la force d’initiative créatrice ni au sentiment du beau.

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Publié par DéfiTexte - dans Thèmes
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